Joseph Blatter, l'ancien président de la FIFA, s'est dit favorable à ce que les supporteurs n'aillent pas aux Etats-Unis durant le Mondial-2026 (11 juin-19 juillet) pour des raisons de sécurité, dans un message publié lundi sur le réseau social X. «'Pour les supporters, un seul conseil: évitez les Etats-Unis!' Je pense que Mark Pieth a raison de questionner cette Coupe du monde», a écrit l'ancien patron de la Fédération internationale (1998-2015) en reprenant des extraits d'une interview de l'avocat suisse accordée au «Tagesanzeiger»
«Ce à quoi nous assistons sur le plan intérieur – la marginalisation des opposants politiques, les abus des services d'immigration, etc. – n'incite guère les supporters à s'y rendre», avait affirmé Mark Pieth ce jeudi à propos des Etats-Unis. L'avocat, spécialiste de la lutte contre la corruption et mandaté par Joseph Blatter de 2011 et 2014 pour donner des pistes de réformes de la FIFA, se veut plus clair quelques paragraphes plus bas.
«Pour les supporters, un seul conseil: évitez les Etats-Unis! De toute façon, vous verrez mieux à la télévision. A leur arrivée, les supporters doivent s'attendre à ce que, s'ils ne se comportent pas correctement avec les autorités, ils soient immédiatement renvoyés chez eux. S'ils ont de la chance...», a-t-il prophétisé.
Un futur boycott européen?
Joseph Blatter, très critique de Gianni Infantino, l'actuel président de la FIFA, avait été son prédécesseur jusqu'en 2015 et sa démission, emporté par une cascade de scandales. Accusés notamment d'escroquerie, Blatter, ainsi que Michel Platini, a été définitivement acquitté en 2025 par la justice suisse. Les deux anciens dirigeants étaient accusés d'avoir «obtenu illégalement, au détriment de la FIFA, un paiement de 2 millions de francs en faveur de Michel Platini», selon le parquet.
Face aux tensions nées de la volonté américaine d'annexer le Groenland et des menaces de taxes douanières accrues contre les Etats européens qui s'y opposent, de premières voix évoquant un boycott – voire une annulation – du Mondial (organisé aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada) commencent à se faire entendre en Europe. Philippe Diallo, le président de la FFF, a toutefois affirmé dans les colonnes du quotidien «Ouest-France» ce dimanche qu'il n'y avait «aucune volonté de la part de la Fédération française de football, de boycotter la Coupe du monde aux Etats-Unis».