Un commentaire de Claude Ansermoz
Tragédie de Crans-Montana, le choc, la compassion

Le nouveau rédacteur en chef de Blick appelle à la compassion après le terrible incendie qui a ravagé le soir de Nouvel An un bar de Crans-Montana (VS).
Il faut élucider comment «Le Constellation» a pris feu.
Photo: keystone-sda.ch
Claude Ansermoz, Rédacteur en chef de Blick

J’avoue que j’ai d’abord cru à un fake. Quelques jours après celui qui avait sali la réputation du MAD à Lausanne avec un adolescent qui serait mort égorgé. Mais en ces premières heures de 2026, une nouvelle tragédie prend le Valais aux tripes, à l’âme, au cœur. Et tout le pays avec.

Les vapeurs joyeuses du Nouvel An dissipées, ce drame prend déjà les contours de ce qui sera un drame national, un deuil national. Des dizaines de morts et de blessés, et un frisson glacial qui n’est pas sans rappeler l’accident de car du tunnel de Sierre qui avait fait 28 morts, en 2012, pour la plupart des écoliers belges qui rentraient d’une colonie de vacances dans le val d’Anniviers.

Dans les heures et les jours qui viennent, nous saurons plus exactement ce qui s’est passé. Comment «Le Constellation» a pris feu au petit matin de ce 1er janvier. Il y aura cette incontournable part de fatalité, mais nous chercherons aussi des coupables. Il en va ainsi de tout fait divers. Les familles des victimes, les survivants, auront besoin de comprendre pour mieux tenter de traverser l’horreur. Nous aussi.

Mais d’abord, une nouvelle fois, nous voilà donc en compassion avec le Valais. Et c’est cela qui doit d’abord primer. Ce si beau pays qui attire les férus de montagne, qu’elle soit naturelle ou festive. Et si nos esprits cartésiens peuvent encore accepter les catastrophes naturelles –comme celle de Blatten ou de Gondo –, ou les accidents mortels des aventurières et aventuriers des sommets, on reste forcément sans voix, comme hébétés par l’enfer vécu par des victimes qui venaient juste s’amuser pour l’an neuf. C’est vers eux que vont nos pensées.

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