Commentaire d'Antoine Hürlimann
La Jeunesse socialiste travaille pour l’UDC

Ce mardi 1er août, une jeune socialiste valaisanne a publié un selfie où elle dresse son majeur devant un drapeau suisse. Une bonne idée si l’objectif est d’offrir des voix à la droite en cette année d’élections fédérales, estime notre journaliste Antoine Hürlimann.
Suite à son doigt d'honneur, l'ancienne vice-secrétaire centrale de la Jeunesse Socialiste (JS) Mathilde Mottet aurait reçu «une centaine» de messages insultants et menaçants.
Photo: Mathilde Mottet/Instagram
Antoine Hürlimann - Responsable de l'actualité L'illustré
Antoine HürlimannResponsable de l'actualité de L'illustré

C’est la Fête nationale, l’heure de la traditionnelle polémique lancée par la Jeunesse socialiste suisse (JS), dont on finira par se demander à force s’il s’agit là de son seul talent. En 2014, son président d’alors, le Zurichois Fabian Molina, choquait son monde en proposant aux gens d’agiter un fanion de la paix plutôt qu’un étendard helvétique. Neuf ans plus tard, c’est Mathilde Mottet, une militante valaisanne, qui met les réseaux sociaux en ébullition. En cause: son selfie où elle fait un doigt d’honneur devant un drapeau rouge à croix blanche.

Celle qui était encore récemment vice-secrétaire centrale de la JS assume sa démarche. Pire, elle la revendique. Le problème n’est pas de critiquer des aspects peu reluisants de la Suisse trop souvent passés sous silence, comme la vingtenaire le fait sans grandes nuances en légende de sa publication Instagram. Le souci, c’est de se féliciter d’un coup d’éclat, façon révolutionnaire de salon, qui n’aura absolument aucun effet positif chez les personnes qui ne sont pas déjà convaincues par les arguments agités par l’élue au législatif de Monthey.

Au contraire. Ce modus operandi braquera bien davantage qu’il ne rassemblera. A l’aube des élections fédérales de cet automne, c’est une faute politique majeure. Adepte ou non de la provocation, la Jeunesse socialiste devrait le savoir. Les symboles comptent. Les attaquer revient à s’en prendre aux gens qui s’y identifient, parfois viscéralement. Les faits sont têtus: beaucoup s’y sont essayé, très peu en sont sorti gagnants.

L'examen de conscience approche

Malin et manichéen, le conseiller national de l’Union démocratique du centre (UDC) Jean-Luc Addor a flairé l’opportunité. Sur Facebook, l’élu valaisan tout autant populiste résume ainsi la polémique: «Il y a ceux qui aiment la Suisse et il y a ceux qui ne l’aiment pas.»

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Malgré elle, Mathilde Mottet est devenue un excellent argument pour le camp bourgeois et conservateur qui estime qu’il faut impérativement envoyer «des patriotes convaincus» à Berne. En octobre, quand les résultats tomberont, chacun devra faire son examen de conscience. La JS n’y échappera pas. Surtout si sa famille politique perd des plumes.

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