Le 8 mars, nous voterons sur la création d’un Fonds climat. Concrètement, l’initiative propose d’investir chaque année entre 0,5% et 1% du produit intérieur brut pour financer la transition énergétique: développer les énergies renouvelables, assainir les bâtiments, renforcer les transports publics, soutenir les métiers de demain et protéger la biodiversité. Mais au-delà d’un instrument financier, nous voterons aussi, et en réalité, sur notre santé.
Plus de 500 soignantes et soignants en Suisse soutiennent l’initiative pour un fonds climat. Leur message est clair: le dérèglement climatique n’est plus un vague constat pour 2050, c’est déjà une réalité clinique dans leur quotidien professionnel. Dans nos hôpitaux et cabinets médicaux, elles et ils voient les effets des vagues de chaleur sur les personnes âgées, l’aggravation des maladies respiratoires lors des pics de pollution, la progression des allergies, l’éco-anxiété chez les jeunes.
Des coûts ou de la prévention?
Les chiffres sont connus et personne ne les constate. Les canicules entraînent une surmortalité avérée. Les événements extrêmes provoquent des hospitalisations supplémentaires. La dégradation de la qualité de l’air pèse sur les personnes les plus vulnérables. À cela s’ajoutent les maladies infectieuses et autres maladies zoonotiques telle que le COVID-19 progressent avec la perturbation des écosystèmes.
Face à ce constat, nous avons le choix : subir ou anticiper. Le Fonds climat donne à la Suisse un cadre stable pour planifier la transition sur le long terme, réduire notre dépendance aux énergies fossiles et renforcer notre résilience face aux crises à venir.
Certains parlent de coûts. En réalité, il s’agit de prévention. En médecine, nous savons qu’agir en amont évite des traitements lourds et onéreux. Pour le climat aussi, l’inaction reviendra plus cher que l’investissement. Certains y voient une dépense. J’y vois un investissement rationnel, fidèle à une tradition très suisse : anticiper les risques plutôt que transmettre la facture aux générations suivantes.
Ecologie et économie ensemble
On oppose parfois écologie et économie. C’est une erreur. La transition est une politique industrielle, une politique sociale et une politique de santé publique. Elle donne de la visibilité aux entreprises, soutient l’innovation et protège les ménages, les familles, face aux chocs énergétiques.
Le corps médical parle d’"assurance vie». L’image est parlante. Nous payons des primes pour nous protéger contre un risque. Ici, le risque est documenté, mesurable, déjà à l’œuvre. Ne rien faire coûtera plus cher, humainement et financièrement. La Suisse s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Pour tenir cet objectif, il faut des instruments à la hauteur. Le Fonds climat en est un. Il offre un cadre stable, prévisible, sur le long terme.
Le 8 mars, il ne s’agit pas d’idéologie. Il s’agit de cohérence, de responsabilité et de santé publique. Protéger le climat, c’est protéger nos enfants, nos aîné·es, notre qualité de vie. C’est choisir d’agir avant que les factures, sanitaires et économiques, ne deviennent insoutenables pour la population.