Il est grand temps de mettre un terme à une fiscalité ancestrale, patriarcale et profondément injuste. La solution: l’imposition individuelle. Une réforme moderne qui bénéficiera aussi bien à la classe moyenne qu’aux familles sans pour autant vider les caisses de l’Etat et produire un monstre bureaucratique comme le prétendent les opposants.
Il y a 40 ans déjà, une décision du Tribunal fédéral ordonnait que la pénalisation du mariage soit abrogée. En Suisse, les couples mariés dont les deux conjoints exercent une activité professionnelle paient en effet plus d'impôts que les couples vivant en concubinage. Car les revenus d’un couple marié sont additionnés et la fiscalité est progressive. Une injustice qui n’a aucune justification.
L’imposition individuelle permettra aux familles et à la classe moyenne d’économiser 600 millions d’impôts, versés sans aucune contre-partie. Elle entraîne une réduction d’impôts pour 49% de la population. Il est vrai que 14% seront plus fortement imposés, mais ce sont les revenus les plus élevés. 35% ne seront pas touchés. Le nouveau système fiscal n’est donc pas un cadeau aux riches mais favorise au contraire le pouvoir d’achat de la classe moyenne et des familles.
Augmenter le taux d'activité des femmes
Les femmes pourront enfin! mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. Elles pourront utiliser leur salaire pour les besoins de la famille plutôt que de le reverser presqu’intégralement au fisc. Leur indépendance financière sera renforcée, de même que les intérêts de la famille. La déduction pour enfants et en formation est augmentée de 6’700 à 12'000 francs, répartie entre les parents. De quoi rassurer les défenseurs de notre politique familiale.
Grâce à l’imposition individuelle, les femmes pourront ainsi mieux intégrer ou réintégrer le marché du travail et augmenter leur taux d’activité, si elles le désirent, sans être pénalisées. Actuellement, de nombreuses femmes renoncent à augmenter leur taux d’activité car ce n’est pas rentable.
Entre 44'000 et 50'000 postes de travail pourraient ainsi être occupées par des femmes. Un atout certain en temps de pénurie de personnel. Il est absurde de priver l’économie de personnel féminin qualifié alors qu’elle peine à recruter. Cela qui valorisera aussi notre potentiel national et d’être ainsi moins dépendants de l’immigration.
Bien sûr que les administrations fiscales auront du travail au moment du changement de système. Mais après, c’est fini! Plus besoin de tout recalculer lorsqu’on se marie, lorsqu’on divorce ou que l’un des conjoints décède. Du début de l’activité professionnelle à la fin de sa vie, le système reste le même. Quoi de plus simple.
Réparer une vieille injustice
Evidemment que certains cantons crient au loup. Ils aimeraient bien pouvoir compter sur la manne financière que leur apportent les couples mariés. Mais en cette période de crises, où le pouvoir d’achat des citoyens est fortement mis sous pression, cet argument a quelque chose d’indécent.
L’imposition individuelle répare une vielle injustice. Le Centre propose certes une autre variante. Le problème est qu’elle constitue un pas en arrière et amène de nouvelles inégalités. Les couples non mariés, les familles monoparentales ou les célibataires n'en tireraient aucun bénéfice. Et surtout, son modèle coûterait cher à l’Etat: entre 700 millions et 1,4 milliard par an, selon la Confédération.
C’est une des raisons pour lesquelles le Conseil fédéral et le Parlement ont rejeté la solution préconisée par le Centre, tandis qu’ils soutiennent l’imposition individuelle telle qu’elle a été proposée par les femmes PLR.
Le 8 mars, journée de la femme, les Suisses peuvent tourner la page d’un système dépassé et adapter notre fiscalité aux réalités sociales. Un changement favorable aux familles, à la classe moyenne et aux femmes. Ne manquons pas ce rendez-vous avec l’histoire.