Première visite officielle
Joe Biden accueilli en «grand ami» au Canada

Joe Biden a été accueilli vendredi en «grand ami» au Canada pour sa première visite officielle, qui devrait donner lieu à des annonces sur Haïti, sur l'immigration et sur l'économie.
Publié: 24.03.2023 à 18:53 heures
«C'est un grand plaisir d'avoir un grand ami ici» a dit le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

«C'est un grand plaisir d'avoir un grand ami ici» a dit le Premier ministre canadien Justin Trudeau à l'entame d'une réunion bilatérale dans l'enceinte du Parlement à Ottawa, en insistant sur les «valeurs» partagées par les deux pays.

«Nous avons parfois des désaccords, mais il n'y a aucune différence fondamentale dans les valeurs démocratiques que nous avons en commun», a abondé le président américain. Joe Biden a reçu à son arrivée une plaque de chocolat confectionnée par une famille syrienne réfugiée au Canada.

Le démocrate de 80 ans n'avait pas pu se rendre dans ce pays voisin et allié juste après son investiture, comme le veut l'usage pour les présidents américains, en raison de la pandémie de Covid-19.

Joe Biden doit s'exprimer devant le Parlement canadien, et donnera ensuite une conférence de presse en soirée.

Potentielle avancée sur l'immigration

La relation entre Washington et Ottawa est infiniment plus cordiale que pendant la présidence de Donald Trump, qui n'était jamais venu en visite officielle dans le pays.

Mais cela n'empêche pas quelques frictions. Sur l'un des sujets sensibles entre les deux alliés, l'immigration irrégulière, la visite pourrait déboucher sur une avancée, assurent Radio-Canada et le New York Times.

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Américains et Canadiens auraient trouvé un accord pour fermer le «chemin Roxham», une voie de fortune par laquelle environ 40'000 migrants sont arrivés l'an dernier au Québec, en contournant les points d'entrée officiels, depuis les Etats-Unis.

Cette perspective inquiète déjà les organisations d'aide aux migrants. «L'impact sur des réfugiés en situation de danger extrême est dévastateur. Le résultat sera de pousser les gens soit à tenter des traversées encore plus dangereuses dans des zones reculées, soit de les pousser vers des passeurs», a déploré Julia Sande, au nom d'Amnesty International, auprès de l'AFP.

Ces arrivées ont provoqué un vif débat politique au Canada. A la Maison Blanche, on affirme comprendre les préoccupations canadiennes mais on signale que le sujet est également d'actualité aux Etats-Unis, dans de toutes autres proportions.

Crise humanitaire à Haïti et dépenses militaires en discussion

Un autre sujet de discussions sera Haïti, en proie à une violence extrême et à une crise humanitaire grave. Une source gouvernementale canadienne a dit à l'AFP attendre une annonce «de financement importante» vendredi, portant sur de l'aide humanitaire et sur la formation des forces de l'ordre haïtiennes.

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Les Etats-Unis verraient par ailleurs d'un bon œil que le Canada joue un rôle moteur dans l'envoi d'une force internationale vers le pays des Caraïbes.

Les dépenses militaires seront également au programme, à l'heure où Washington pousse pour un effort des membres de l'Otan, sur fond de guerre en Ukraine et de tensions montantes avec la Chine.

Ottawa est loin de consacrer 2% de son produit intérieur brut (PIB) à son budget de la défense, le seuil fixé pour les pays de l'alliance transatlantique.

Il pourrait en particulier être question vendredi à Ottawa d'une modernisation du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (Norad).

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Justin Trudeau avancera ses pions sur le terrain économique

Enfin, l'économie sera un sujet incontournable. Justin Trudeau, dont le pays est le premier client des Etats-Unis en matière de commerce extérieur, voudra avancer ses pions sur le terrain économique.

La source gouvernementale canadienne a indiqué s'attendre lors de la conférence de presse commune à des annonces sur les semi-conducteurs et sur le renforcement des chaînes d'approvisionnement en Amérique du Nord.

A noter enfin que la visite de Joe Biden, qui a promis de livrer à la Chine une rivalité sans merci, intervient peu après l'ouverture d'une enquête au Canada sur des allégations d'ingérence chinoise dans les deux dernières élections fédérales.

(ATS)

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