Jugé par défaut
Mandat d'arrêt contre Tariq Ramadan, absent de son procès

Tariq Ramadan, accusé de viols sur trois femmes, pourrait comparaître à Paris malgré une sclérose en plaques stable. La justice a décidé d'émettre un mandat d'arrêt à l'encontre de l'islamologue, absent du procès.
Tariq Ramadan met en avant des problèmes de santé.
Photo: AFP
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

L'islamologue Tariq Ramadan «peut comparaître devant la cour criminelle départementale de Paris» qui doit le juger pour viols, selon un rapport rendu vendredi par deux médecins désignés par la justice française pour évaluer l'état de santé de l'accusé.

Par ailleurs, la cour criminelle départementale de Paris a décidé vendredi de juger par défaut l'islamologue, absent depuis l'ouverture lundi de son procès pour viols, et a délivré un mandat d'arrêt à son encontre. Les avocats de l'accusé ont quitté la salle d'audience après l'énoncé de la décision de la cour.

Absent de son procès

Le procès du prédicateur de 63 ans s'est ouvert lundi à Paris, mais il ne s'est pas présenté devant la justice, ayant été hospitalisé deux jours auparavant à Genève, en Suisse, en raison selon ses avocats d'une «poussée» de sclérose en plaques.

La présidente de la cour criminelle départementale, Corinne Goetzmann, a dès lors ordonné une expertise médicale sur pièces à deux neurologues désignés pour évaluer son état de santé, afin de décider d'un renvoi ou pas à une date ultérieure de la tenue du procès, comme le demande la défense de M. Ramadan.

Dans ce rapport, lu à l'audience par la magistrate, les experts concluent à la «stabilité de la sclérose en plaques» dont souffre l'islamologue depuis plusieurs années, «sans signe de poussée récente».

«Vidé de son énergie»

La présidente de la cour a aussi lu un courrier établi par un médecin de M. Ramadan et transmis par sa défense, soulignant que son patient était «vidé de son énergie vitale», et proposant qu'il observe une «période de repos d'une semaine à dix jours» avant de comparaître. «On comprend qu'il souhaite mettre la justice au pied du mur», a lancé Me David-Olivier Kaminski, avocat d'une des parties civiles au procès, Henda Ayari.

La cour criminelle, composée uniquement de magistrats professionnels, doit, après avoir entendu toutes les parties, se prononcer sur la suite du procès. Lundi, l'avocat général, Philippe Courroye, a estimé que M. Ramadan, placé sous contrôle judiciaire, utilisait «tous les moyens pour ne pas comparaître et pour ne pas être jugé» et demandé à la cour de prononcer un mandat d'arrêt international à son encontre.

L'islamologue, déjà condamné par la justice helvète pour un viol sur une femme, est censé comparaître jusqu'au 27 mars à Paris pour des viols qui auraient été commis sur trois autres femmes entre 2009 et 2016, qu'il conteste. Il encourt jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle.

Articles les plus lus