La justice française a une nouvelle fois prolongé jeudi la suspension du procès pour viols de l'islamologue Tariq Ramadan, hospitalisé en Suisse. L'expertise médicale demandée n'a pas pu encore être déposée. L'audience doit reprendre vendredi à 13h00, a indiqué à l'AFP la cour d'appel de Paris.
Le procès avait débuté lundi sans Tariq Ramadan hospitalisé samedi à Genève en raison d'une poussée de sclérose en plaques selon ses avocats. L'audience avait été initialement suspendue jusqu'à mercredi, le temps pour les deux neurologues désignés par la cour criminelle départementale de Paris de rendre leur expertise médicale sur l'état de santé de l'homme de 63 ans.
Rapport toujours manquant
Mais ceux-ci n'ont pas reçu les pièces des médecins suisses et n'ont pas encore été en mesure de déposer leur rapport, selon des sources proches du dossier. Lorsque cette expertise sera déposée, la cour criminelle départementale de Paris, composée uniquement de magistrats professionnels, décidera ou non de renvoyer le procès à une date ultérieure, comme le demande la défense de Tariq Ramadan.
Lundi, l'avocat général a estimé que l'accusé utilisait «tous les moyens pour ne pas comparaître et pour ne pas être jugé» et demandé à la cour de prononcer un mandat d'arrêt international à son encontre. L'islamologue, déjà condamné par la justice helvète pour un viol sur une femme, est censé comparaître jusqu'au 27 mars à Paris pour des viols qui auraient été commis sur trois autres femmes entre 2009 et 2016, qu'il conteste. Il encourt jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle.