Soutien à Bally Bagayoko
Des milliers de personnes contre le racisme à Saint-Denis

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté le 4 avril à Saint-Denis, près de Paris, contre le racisme. L'événement a été organisé par le maire Bally Bagayoko, cible d'attaques racistes depuis son élection le 15 mars.
Des personnes lors d'un rassemblement antiraciste organisé par le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, le 4 avril 2026.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

«On veut plein de maires noirs contre la peste brune»: plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées contre le racisme samedi à Saint-Denis, près de Paris, à l'appel du nouveau maire qui cristallise depuis son élection un débat devenu national sur la discrimination raciale.

Une foule compacte manifestait dans le calme devant la mairie de cette ville populaire de banlieue, la deuxième plus peuplée de région parisienne après la capitale, aux côtés de syndicats, d'associations et de nombreuses personnalités politiques de gauche.

«Nous venons dire avec fermeté et de manière définitive notre attachement viscéral aux valeurs de la République incarnées par celles et ceux qui sont héritiers et héritières de l'immigration», a déclaré Bally Bagayoko, maire La France Insoumise (LFI, gauche radicale) de cette ville de 150'000 habitants. L'élu d'origine malienne, victime d'une campagne de haine depuis son élection dès le premier tour, le 15 mars, à la tête d'une liste LFI-communistes, a mis en cause les «institutions défaillantes, parfois même complices».

Au mégaphone, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a dénoncé «une vague de racisme écoeurant venant des élites politico-médiatiques qui, sans réserve, sans frein, ont étalé leur mépris à l'égard d'une partie de notre peuple». Lors des élections municipales de mars, outre Bally Bagayoko, plusieurs candidats issus de l'immigration ont été élus maires de communes de plusieurs dizaines de milliers d'habitants.

«La famille des grands singes»

Sara, élève avocate de 26 ans née à Saint-Denis, est venue «soutenir Bally» face à des «attaques inadmissibles». Kantéba Camara-Sissoko, 55 ans, auxiliaire de puériculture et nouvelle élue communiste d'une ville proche, a été «révoltée» par les propos tenus sur le nouveau maire.

Les 27 et 28 mars, sur la chaîne CNews du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, des liens ont été faits entre M. Bagayoko et «la famille des grands singes», et une attitude de «mâle dominant» lui a notamment été reprochée. Le maire a dénoncé samedi le «silence» du président français Emmanuel Macron sur le sujet, ce qui «confirme le fait qu'il n'est pas engagé» contre le racisme.

Pour lui, «celles et ceux qui aujourd'hui réduisent en fait cette marche uniquement à l'étiquette de La France insoumise ont tort et sont indignes de ce combat qui est un combat contre le racisme, contre l'antisémitisme et contre l'islamophobie et toutes les formes de discriminations». Jeudi, le parquet de Paris avait indiqué avoir ouvert une enquête pour «injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion», au lendemain du dépôt de plainte de l'élu. CNews a dit contester «formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus» sur son antenne.



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