Municipales en France
La gauche radicale se retire à Marseille pour faire barrage à l'extrême droite

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Sébastien Delogu, candidat de la gauche radicale, se retire pour éviter une victoire de l'extrême droite à Marseille.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Le candidat de la gauche radicale à la mairie de Marseille (sud), Sébastien Delogu, arrivé en quatrième position du premier tour des municipales, a annoncé mardi le retrait de sa liste du second tour face au «risque» de l'extrême droite dans la deuxième ville de France.

Sébastien Delogu n'a pas appelé explicitement à voter pour le maire sortant socialiste Benoît Payan, mais a demandé à «toutes celles et ceux qui (nous) ont accordé leur voix à ne pas abandonner la lutte antifasciste et notre programme politique», enjoignant de fait à ses électeurs à voter pour Benoît Payan.

Le PS, «irresponsable»

«Je leur demande de s'investir de toutes leurs forces dans les secteurs qui nous ont qualifiés au second tour et où il y a quelque chose à faire et où il n'y a pas de risque de victoire de l'extrême droite», a déclaré Sébastien Delogu dans une brève déclaration.

Il a aussi dénoncé une nouvelle fois «l'irresponsabilité» de Benoît Payan, qui a rejeté toute alliance ou ralliement avec la liste conduite par le député La France insoumise (LFI, gauche radicale), qui avait recueilli 11,9% au premier tour dimanche. «Les socialistes sont arrivés en tête et ont fait la démonstration de leur irresponsabilité et de leur sectarisme. L'Histoire les jugera. C'est dans cet esprit de responsabilité que nous prenons la décision de retirer notre liste et de ne pas participer au pari inconséquent de Benoît Payan», a déclaré Sébastien Delogu.

Benoît Payan, à la tête d'une coalition gauche-société civile-écologistes, est arrivé d'une courte tête (36,70%) devant le député du RN Franck Allisio (35,02%). La candidate de la droite et du centre Martine Vassal, qui a recueilli 12,4%, a annoncé lundi son maintien. Après l'annonce du retrait de Sébastien Delogu, ces trois candidats s'affronteront donc dimanche dans le cadre d'une triangulaire.

Le «sang-froid» de Delogu

Dans la foulée de cette annonce, le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon a salué le «sang-froid» et le «dévouement à la dignité de Marseille» de Sébastien Delogu, tout en dénonçant «le sectarisme aveuglé de Benoît Payan et son arrogance».

Le premier tour de ces élections locales a été marqué par la percée de la gauche radicale et des scores favorables à l'extrême droite, plaçant les forces politiques, et notamment la gauche, face à de nombreux dilemmes dans un scrutin qui a valeur de test à treize mois de la prochaine présidentielle. Le scrutin a aussi été marqué par une progression de l'abstention.


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