La plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella n'a «pas été traitée comme une procédure prioritaire» dans le Gers, a déclaré lundi le chef de l'Inspection générale de la Justice, Stéphane Noël, qui a pointé plusieurs «défaillances».
«Le rapport objective un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure, tant de la part du parquet que de la gendarmerie à l'arrivée de la procédure au parquet d'Auch», a-t-il ajouté, en rendant compte des premières conclusions de la mission d'inspection diligentée par les ministres Gérald Darmanin (Justice) et Laurent Nuñez (Intérieur) après la mort de Lyhanna, une collégienne de 11 ans. «Il ne s'agit pas de stigmatiser, mais d'objectiver, d'analyser et de donner à comprendre», a prévenu le magistrat.
Le chef de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale, Jean-Michel Gentil, a pour sa part noté que le traitement de la plainte, initialement déposée sur le ressort judiciaire de Toulouse, avait été «adapté, diligent et qualitatif».
Défaillances dans le Gers
En revanche, «sur le ressort judiciaire du département du Gers, la procédure criminelle a été traitée comme une procédure ordinaire ou, à tout le moins, n'a pas été traitée comme une procédure prioritaire», a embrayé M. Noël, qui a ensuite évoqué une série de «défaillances».
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«A l'arrivée de la procédure au parquet d'Auch, l'enregistrement (...) au bureau d'ordre pénal, affecté d'un important retard d'enregistrement des procédures papier, a été tardif», et la «procédure n'a pas été orientée vers le bon service de gendarmerie», a-t-il expliqué.
Un placement en garde à vue de Jérôme Barella a été requis, mais «l'enquête n'a pas été suffisamment dirigée et pas du tout contrôlée, ni par le parquet, ni par la hiérarchie directe du directeur d'enquête de la brigade de gendarmerie de Lectoure», a-t-il poursuivi.
Un autre rapport intermédiaire doit être rendu le 10 juillet et le rapport définitif le 5 septembre, selon le magistrat. Des investigations ont par ailleurs été lancées en parallèle par l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche, mais celles-ci «ne font pas apparaître de dysfonctionnement», a précisé M. Noël.
«Vérité d'une extrême gravité»
La mission d'inspection sur l'affaire de la jeune Lyhanna «établit une vérité d'une extrême gravité», à savoir que «la chaîne de protection a failli», en raison d'une «succession d'erreurs, de négligences, d'inactions et de mauvaises décisions», a déclaré lundi Sébastien Lecornu.
«La puissance publique ne se défaussera pas. Elle doit reconnaître cette défaillance, établir précisément les responsabilités et en tirer toutes les conséquences, y compris individuelles. Cette exigence de vérité ne doit cependant pas conduire à jeter l'opprobre ni sur la gendarmerie nationale ni sur l'autorité judiciaire dans leur ensemble», a affirmé le Premier ministre sur X après avoir reçu le rapport d'inspection.