En France, tous les lots de laits infantiles visés par une possible contamination bactérienne ont été retirés du marché. Des rappels ont été ordonnés, notamment par Nestlé, qui affirme vouloir coopérer «en toute transparence» avec les autorités.
Deux enquêtes pénales ont été ouvertes à Bordeaux et Angers après les morts récentes de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de «possible contamination» par une substance toxique liée à la bactérie Bacillus Cereus, sans «lien de causalité» établi pour l'heure, selon les autorités françaises.
Rappel de lait le 5 janvier
S'adressant aux parents qui donnent du lait en poudre à leurs bébés, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a conseillé vendredi de «vérifier» si leurs boîtes de lait ont été rappelées sur le site «rappel conso». «Si jamais c'est le cas, il faut la mettre de côté et acheter une autre boîte de lait», a-t-elle déclaré sur BFM TV.
«Si jamais le lait a été consommé hier ou avant-hier, s'il n'y a pas de signe, il n'y a pas de problème. Si jamais il y a des nausées, vomissements, des diarrhées, (...) ce qui est très fréquent en ce moment, parce qu'il y a des gastro-entérites, on ne s'inquiète pas outre mesure, mais si les symptômes existent et que le lait a été consommé d'une boîte qui devait être retirée, dans ces cas-là, (il faut) aller consulter le médecin», a-t-elle poursuivi. Les laits potentiellement contaminés ont été «retirés» du marché, a-t-elle par ailleurs assuré.
Nestlé avait engagé le 5 janvier un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal en raison de la présence potentielle de «céréulide» dans ces produits pourtant très contrôlés. Ce composant toxique, produit dans certaines conditions par une famille de bactéries, les Bacillus cereus, peut causer d'importants vomissements dans les heures suivant sa consommation.
Pas de lien avec Nestlé?
Le géant suisse de l'agroalimentaire a réagi vendredi à l'annonce de l'ouverture de deux enquêtes pénales en France, disant exprimer ses «plus sincères condoléances aux familles qui sont en deuil» à la suite du décès de deux nourrissons. «Comme déclaré par les autorités, rien n'indique à ce stade de lien entre ces tragiques événements et la consommation de nos produits», a déclaré Nestlé France dans un communiqué transmis à l'AFP. «Nous (...) restons pleinement à la disposition des autorités et collaborons en toute transparence afin de contribuer à toute clarification nécessaire, comme nous le faisons depuis le premier jour», a ajouté la société.
Le fabricant de l'huile riche en acide arachidonique (ARA) à l'origine de la présence potentielle de céréulide est le producteur chinois Cabio Biotech, a-t-on appris de sources proches du dossier. Cette entreprise, fondée en 2004 et dont le siège se trouve à Wuhan, est le principal producteur chinois de ce type d'huiles et fournit de nombreux producteurs de lait infantile locaux ou internationaux (Nestlé, Danone, notamment).
Après Nestlé, le Français Lactalis a aussi annoncé mercredi le lancement d'un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays dont la France. «Ce sont les industriels qui sont en responsabilité de faire les autocontrôles», a précisé Stéphanie Rist. «A l'heure où on se parle, il n'y a pas d'alerte scientifique importante», a-t-elle ajouté sans plus de détails.