Nestlé dans la tourmente
Enquête pénale après le décès d’un nourrisson lié à un lait infantile

Le parquet de Bordeaux a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête pénale en recherche des causes de la mort d'un nourrisson ayant consommé un lait infantile Nestlé, deux jours après l'annonce d'investigations sanitaires sur ce décès.
Le parquet de Bordeaux ouvre une enquête pénale après la mort d'un nourisson.
Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
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ATS Agence télégraphique suisse

La justice française a ouvert une enquête pénale sur la mort début janvier d'un nourrisson ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de «possible contamination» par une bactérie, sans «lien de causalité» établi pour l'heure selon les autorités.

Le bébé, né le 25 décembre et décédé le 8 janvier dans un hôpital près de Bordeaux (sud-ouest), avait été alimenté avec un «lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l'objet d'un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus Cereus», a expliqué le parquet, qui a sollicité des analyses pour «déterminer la présence ou non de la bactérie» dans le lait.

Vaste rappel de Nestlé

Le 5 janvier, le géant vaudois de l'agroalimentaire, avait engagé un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal à cause de la présence potentielle de cette bactérie, susceptible de provoquer des troubles digestifs, comme des diarrhées et vomissements, avec des complications parfois graves. Le bébé avait été conduit en urgence à l'hôpital le 7 janvier, «la mère ayant constaté des troubles digestifs chez l'enfant», selon le parquet.

Dans un communiqué, les ministères de l'Agriculture et de la Santé ont évoqué jeudi une alerte sanitaire «d'ampleur, qui reste évolutive», assurant déployer une «surveillance continue» du dossier. «A ce stade, il n'a pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons», ont-ils fait valoir. «La conjonction des deux choses n'est pas établie, c'est ça que l'enquête va déterminer», a confirmé la ministre de l'Agriculture Annie Genevard. «Il est de la responsabilité des entreprises de réaliser des contrôles et de rappeler les lots contaminés», a-t-elle insisté.

Une soixantaine de pays concernés

Le rappel diligenté par Nestlé concerne désormais une soixantaine de pays, dont la France, et le patron de Nestlé, Philipp Navratil, a présenté des excuses mi-janvier alors que le groupe est accusé par certaines ONG d'avoir tardé à prendre des mesures. Mercredi, le groupe français Lactalis a également annoncé le lancement d'un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays dont la France, la Chine, l'Australie et le Mexique.

Selon les ministères de l'Agriculture et de la Santé, ce retrait est, comme pour celui de Nestlé, lié à un ingrédient soupçonné d'être source de la contamination, «une huile riche en acide arachidonique utile au bon développement des bébés, produite par un fournisseur chinois». L'ONG Foodwatch a annoncé mercredi porter plainte contre X pour «faire la lumière» sur ces rappels, affirmant que «des millions de nourrissons dans le monde étaient concernés».


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