Le Conseil d'Etat a rejeté jeudi le recours du mouvement d'ultragauche La Jeune Garde contestant sa dissolution décidée en Conseil des ministres en juin 2025, estimant que cette décision était «adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des atteintes portées à l'ordre public».
«La Jeune Garde a mené et incité à commettre des agissements violents de confrontation et d'exclusion physique de l'espace public, tant par le comportement de ses membres que par ses soutiens à certains comptes sur les réseaux sociaux et son absence de réaction à leurs contenus», souligne le Conseil d'Etat dans un communiqué.
Le mouvement contestait le décret de dissolution pris en Conseil des ministres le 12 juin 2025, qui énumérait des rixes violentes ou prises à partie à Strasbourg, Paris et Lyon entre 2023 et 2025 à Lyon.
Créée en 2018 par Raphaël Arnault, devenu député en 2024 et qui siège au sein du groupe LFI à l'Assemblée nationale, La Jeune Garde est accusée par le gouvernement «de provoquer à des agissements violents contre les personnes, provocations bien souvent suivies d'effets».
«Violence dans l'espace public»
«Si le groupement contestait certains des faits qui lui étaient reprochés, ses membres prenaient souvent l'initiative de l'utilisation de la violence dans l'espace public, sans que le groupement ait condamné de telles actions», observe le Conseil d'Etat dans son communiqué.
Après sa dissolution, La Jeune Garde s'est retrouvée au coeur de la polémique qui a suivi la mort en février à Lyon du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque, car plusieurs des agresseurs présumés en étaient membres et sont des proches de M. Arnault. Une enquête a par ailleurs été ouverte fin février après un signalement du ministère de l'Intérieur soupçonnant une reconstitution du mouvement antifasciste.