Anne-Claire Legendre, diplomate proche conseillère du président Emmanuel Macron, est proposée mardi aux membres du conseil d'administration de l'Institut du monde arabe réunis à Paris pour remplacer Jack Lang, démissionnaire, selon un communiqué du ministre français des Affaires étrangères.
«Madame Anne-Claire Legendre dispose de l'expérience, des qualités et de la vision stratégique nécessaires pour assumer ces responsabilités éminentes», a souligné Jean-Noël Barrot dans ce communiqué posté sur X. «Si elle est élue, elle deviendra la première femme à présider le Conseil d'administration de l'IMA», a-t-il ajouté.
Sa candidature devrait être entérinée sans obstacle lors de cette réunion mardi matin, Anne-Claire Legendre, diplomate de carrière arabophone spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient, faisant l'unanimité parmi les membres du conseil d'administration de l'IMA, où siègent 7 représentants de pays arabes, selon des sources concordantes.
«Une femme d'exception»
Après 13 années à la tête de cette institution hybride, lieu culturel et instrument diplomatique, Jack Lang, 86 ans, a été contraint d'en lâcher les rênes le 7 février après la mise au jour de ses nombreux échanges avec le financier américain et criminel sexuel, mort en prison en 2019.
Anne-Claire Legendre est actuellement conseillère Afrique du nord et Moyen-Orient à la cellule diplomatique de l'Elysée, après avoir été porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. Originaire de Bretagne, cette diplomate de carrière de 46 ans parle l'arabe, qu'elle a notamment appris à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Elle est également diplômée de Sciences Po Paris et de la Sorbonne (Lettres modernes).
«C'est une femme d'exception», souligne un ambassadeur siégeant au conseil d'administration de l'IMA auprès de l'AFP. «Experte des enjeux du monde arabe, interlocutrice et négociatrice remarquable, elle a su s'imposer par sa compétence et sa finesse», estime-t-il. Anne-Claire Legendre est «compétente, substantielle et engagée avec une connaissance aiguë de chaque pays qui compose le monde arabe, que ce soit le Maghreb ou le Moyen-Orient», estime un autre ambassadeur également membre du conseil d'administration.
«Une trajectoire financière soutenable»
«A l'approche du 40e anniversaire de l'institution, la nouvelle présidence aura pour feuille de route la mise en oeuvre d'une réforme ambitieuse et structurante», a expliqué Jean-Noël Barrot dans son communiqué. «L'Etat souhaite que la nouvelle présidence étudie l'ensemble des modalités d'action permettant de faire rayonner l'IMA au-delà de ses murs et de réaffirmer son rôle au service de notre diplomatie culturelle et d'un dialogue renouvelé avec les sociétés arabes contemporaines», a-t-il ajouté.
Selon le ministre, l'IMA devra moderniser sa gouvernance et être «plus efficace» et se remettre sur «une trajectoire financière soutenable». Pour assurer le succès de la nouvelle présidence, il a décidé «de diligenter immédiatement une mission d'inspection afin de procéder à un audit de la gestion financière de l'IMA et de ses enjeux de ressources humaines».
Enfin, il proposera «à brève échéance, une modification des statuts visant à fixer à 64 ans l'âge limite du Président lors de sa désignation, à limiter le nombre de mandats successifs complets, à créer un comité chargé de la déontologie et des rémunérations, ainsi qu'à renforcer les règles de prévention des conflits d'intérêts et d'atteinte à la probité». Il prévoit ainsi notamment l'instauration d'une déclaration d'intérêts et de règles strictes en matière d'acceptation de cadeaux et d'avantages.