Incendies en Gironde
Hué par la foule, Sébastien Lecornu affirme n'avoir rien à cacher

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a été accueilli par des huées lundi au Porge, où 183 maisons ont brûlé en juillet. Les habitants dénoncent un manque de soutien et prévoient des actions en justice.
Le Premier ministre français a affirmé n'avoir rien à cacher.
Photo: Anadolu via Getty Images
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AFP Agence France-Presse

Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a été hué par des dizaines d'habitants, lors d'un déplacement lundi matin dans la commune la plus sinistrée par le mégafeu qui a dévasté 42'000 hectares de forêt dans le sud-ouest de la France fin juillet.

Quelque 200 personnes vêtues de noir, rassemblées devant la mairie du Porge, où 183 maisons ont brûlé, ont hué et tapé des mains à l'approche d'une voiture aux vitres teintées avec un gyrophare, à l'heure prévue de la rencontre entre Sébastien Lecornu et le maire de la ville, Martial Zaninetti. «Il est où? Il est où?», criait la foule devant les caméras des journalistes sur place.

«Ça aurait été quand même un minimum» que le Premier ministre rencontre les habitants. «C'est vraiment nous prendre pour quantité négligeable», a estimé Tony Veiga, un retraité de 65 ans.

Une foule de CRS

Sébastien Lecornu doit rencontrer lundi des membres d'un collectif d'habitants, a précisé dimanche soir son entourage, après avoir divulgué qu'il s'était déjà rendu au Porge dimanche après-midi pour faire «le tour de la commune» avec le maire, un déplacement qui n'avait pas été annoncé et sans caméra.

«Il est passé hier en catimini. Il devait être au Cap-Ferret (ndlr: une presqu'île huppée voisine du Porge), c'est pour ça qu'il en a profité pour venir visiter le Porge en touriste. C'est lamentable», lance le sexagénaire dont les parents et le frère ont perdu leur maison dans l'incendie.

«Il ne veut pas nous rencontrer, c'est dommage. On avait des choses à exprimer» et «on est accueillis par des colonnes de CRS qui nous bloquent l'accès», regrette Ludivine Daurignac, organisatrice d'un collectif d'habitants sinistrés qui comptent déposer des plaintes «pour avoir des réponses».

Lecornu se dédouane

«Nous n'avons strictement rien à cacher sur le déroulé des opérations de protection incendie de ces dernières semaines. Ça vaut pour les Landes, ça vaut pour la Gironde» et «d'autres territoires», a-t-il ensuite déclaré en ouverture d'une table-ronde avec des membres de son gouvernement, des élus et des acteurs économiques de la région.

Le chef du gouvernement a demandé à la préfète de Gironde et au dirigeant départemental des pompiers de «tenir toutes les réunions qui vont bien avec la population pour expliquer ce qui s'est passé minute par minute, heure par heure, la nature et la qualité des moyens engagés, pourquoi tel ou tel choix tactique a été fait».

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On est véritablement dans une approche tactique très, très déconcentrée de la prise de décision
Sébastien Lecornu, Premier ministre français
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«Parce que ce n'est pas des choix qui ont été décidés depuis Paris, pour être honnête, la plupart des choix des premières heures n'ont pas été décidés non plus depuis Bordeaux. On est véritablement dans une approche tactique très, très déconcentrée de la prise de décision», a-t-il poursuivi.

«Il y a de la colère, il y a de l'émotion, ça c'est bien naturel, les gens ont tout perdu, plus que ça. Mais je veux quand même qu'on remette un tout petit peu de vérité et de rationalité dans ce qui s'est passé», a ajouté Sébastien Lecornu. «On ne peut pas dire qu'on a confiance dans nos pompiers et en même temps donner à voir, parfois, quelques dérives un peu complotistes dans lesquelles, au fond, l'essentiel n'aurait pas été fait», a également déclaré le Premier ministre.

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