En France, des TGV sont annulés mercredi matin mais aussi des trains régionaux ou de banlieue, de plus en plus ouverts à la concurrence, dans le cadre d'une grève de 24 heures organisée par les syndicats de la SNCF.
Le trafic mercredi matin est conforme aux prévisions, a indiqué SNCF Voyageurs à l'AFP: le trafic régional - les «trains du quotidien» - est «fortement perturbé», et sur les grandes lignes en moyenne un TGV sur trois annulé et un train Intercités sur deux.
Les quatre principaux syndicats de l'entreprise ferroviaire publique, CGT-Cheminots, Unsa Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots, qui ont lancé l'appel à la grève, demandent un moratoire sur l'ouverture à la concurrence ainsi que des hausses de salaire pour faire face à l'inflation.
Au coeur de la protestation se trouvent les filialisations lancées depuis l'an dernier par la SNCF au fur et à mesure du lancement par les régions d'appels d'offres pour déterminer qui exploitera les lignes de trains au départ de chaque métropole régionale.
Accepter le transfert ou être licencié
Quand bien même l'appel d'offres serait remporté par la SNCF elle-même, l'entreprise crée une «nouvelle entité privée», dans laquelle elle «transfère ses personnels s'ils veulent bien l'être», explique Julien Delion, conducteur à la SNCF et secrétaire du syndicat CGT-Cheminots de Bayonne. «Avec à la clé moins de jours de repos et des temps de travail plus longs.»
«S'ils refusent le transfert, ils seront licenciés parce qu'en fait, c'est tout un territoire qui bascule, donc ils n'ont pas d'autre option localement», souligne-t-il, jugeant «l'ambiance très anxiogène» dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques notamment, où l'ouverture à la concurrence doit se faire prochainement.
Pour les syndicats qui font le parallèle avec France Telecom il y a quelques années, le bouleversement dans les habitudes de travail est tel que ce sont les plus fragiles qui trinquent: 13 suicides ont été comptés à la SNCF depuis début 2026.