Mouvement des «gilets jaunes»
Appel à Lyon pour le commissaire ayant blessé une manifestante de 73 ans en 2019

Un commissaire condamné en 2024 pour avoir gravement blessé Geneviève Legay lors d’une manifestation de «gilets jaunes» à Nice en 2019 est rejugé en appel ce mercredi. Malgré sa santé fragile, la victime, aujourd’hui âgée de 80 ans, se rendra à Lyon pour le procès.
«Je suis une femme debout, je reste combattante», a déclaré Geneviève Legay, ancienne porte-parole de l'association Attac.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Un commissaire condamné en 2024 pour avoir ordonné une charge qui a grièvement blessé une septuagénaire lors d'une manifestation de «gilets jaunes» interdite, à Nice en 2019, est rejugé en appel mercredi à Lyon. Malgré une santé fragile, la victime, Geneviève Legay, aujourd'hui âgée 80 ans, a prévu de venir de Nice jusqu'à Lyon pour assister au procès du commissaire Rabah Souchi.

«Je suis une femme debout, je reste combattante», dit-elle à l'AFP. Elle sera entourée de militants de l'association altermondialiste Attac, qui prévoient de manifester devant la cour d'appel à l'ouverture des débats. Le 23 mars 2019, Geneviève Legay, alors âgée de 73 ans et porte-parole départementale d'Attac, avait pris part à une manifestation non autorisée de «gilets jaunes» dans le centre de Nice.

Les images de cette femme aux cheveux gris entourée de policiers, d'abord debout avec un drapeau arc-en-ciel puis inanimée au sol après la charge, avaient fait des remous, tout comme les efforts des autorités pour tenter de disculper la police ou les propos du président Emmanuel Macron souhaitant «une forme de sagesse» à la septuagénaire.

Victime de multiples fractures, en particulier au crâne, Geneviève Legay était restée deux mois à l'hôpital. Elle en garde des séquelles: plus d'odorat, ouïe et goût perturbés, 45 séances de kiné pour retrouver un peu d'équilibre et un long suivi psychologique.

Six mois de prison avec sursis

En mars 2024, le tribunal correctionnel de Lyon avait condamné Rabah Souchi à six mois de prison avec sursis pour «complicité de violence par une personne dépositaire de l'autorité publique». Il avait suivi les réquisitions du procureur pour qui l'ordre de charger les manifestants «n'était pas justifié ni proportionné ni nécessaire» dans le contexte établi.

Lors du procès, Rabah Souchi avait assuré que la décision de charger était «la tactique la plus efficace ce jour-là» afin de répondre à l'objectif de dispersion fixé par le préfet. Il avait également accusé le policier qui a bousculé Geneviève Legay de s'être «détaché de l'action collective».

En mai 2024, dans une procédure distincte, le tribunal administratif de Nice avait reconnu l'Etat responsable à 80% des blessures subies par Geneviève Legay, jugeant qu'elles résultaient «directement d'une mesure prise par l'autorité publique».

Il avait toutefois noté que Geneviève Legay avait «fait preuve d'une imprudence délibérée», lui imputant une part de responsabilité à 20%. Rabah Souchi est depuis deux ans directeur adjoint de la police municipale de Nice.

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