Une tentative de traversée clandestine de la Manche vers l'Angleterre a viré au drame jeudi matin sur le littoral français du Pas-de-Calais (nord), avec la mort de quatre migrants «emportés» par les courants, annoncée par les autorités locales. Deux hommes et deux femmes sont morts «emportés» par les courants dans le secteur d'Equihen-Plage, a annoncé sur place le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch.
Ces quatre personnes «ont tenté de monter à bord d'un taxi-boat» et «les courants, qui peuvent être dangereux ici, les ont emportés», a déploré le préfet, soulignant que ce bilan était encore «provisoire». Une personne a été prise en charge en urgence relative, «frappée d'hypothermie», et 37 autres personnes ont été prises en charge par les secours, a-t-il ajouté.
Une technique dangereuse
Les quatre personnes décédées sont des adultes, a précisé à ses côtés la procureure de Boulogne-sur-Mer, Cécile Gressier. Les nationalités des victimes n'étaient pas encore connues dans l'immédiat, a-t-elle ajouté. La technique des «taxi-boats» consiste pour les passeurs à récupérer des candidats à l'exil directement dans l'eau, pour éviter les forces de sécurité présentes à terre pour empêcher les départs depuis les plages.
Le bateau «a continué son chemin» avec «à peu près une trentaine de personnes» à bord, selon la procureure. «Les gendarmes ne sont pas intervenus pour empêcher le départ», a souligné le préfet. Les passeurs sont responsables de ce drame, a-t-il estimé: «C'est le coeur de notre action que de démanteler les réseaux de passeurs».
Le maire de la petite commune d'Equihen-Plage, Christian Fourcroy, avait initialement fait état à l'AFP d'un «départ raté» vers 7h du matin. Deux migrants sont morts le 1er avril lors d'un de ces embarquements risqués et souvent chaotiques, près de Gravelines (Nord). Il s'agissait des premiers décès de migrants en mer connus à la frontière franco-britannique depuis le début de l'année.