Près de 800 agents sont mobilisés dimanche à Colombes pour neutraliser une bombe de la Seconde Guerre mondiale lors d'une vaste opération en cours, ayant contraint des milliers de riverains à l'évacuation, a indiqué la préfecture des Hauts-de-Seine. Entamée à 7h, la sécurisation du périmètre de 450 mètres s'est achevée en milieu de matinée.
Les démineurs du laboratoire central de la préfecture de police (LCPP) ont officiellement débuté le traitement de la menace à 10h30 rue des Champarons, a précisé la préfecture. Autour de l'engin découvert le 10 avril, les rues du secteur interne bloqué par des barrières étaient complètement désertes vers 10h, a constaté une journaliste de l'AFP.
Des voitures de la police nationale y effectuaient d'ultimes rondes, prévenant au mégaphone les derniers habitants de l'imminence du bouclage. Dans un second périmètre étendu à un kilomètre où tout rassemblement en extérieur est interdit, des riverains déambulaient entre les véhicules de la Croix-Rouge de la protection civile des sapeurs-pompiers de la police et de la gendarmerie.
Cinq centres d'accueil ouverts par la commune
Avertis par le système FR-Alert, les évacués prenaient leur mal en patience à la mi-journée dans les cinq centres d'accueil ouverts par les communes. Des bénévoles de la protection civile et des employés communaux y distribuaient du café et des biscuits tout en occupant les enfants, avec des bandes dessinées, des cerceaux et des jeux de construction Kapla.
Une salle à part, équipée de lits de camp, a été dressée pour le repos des 220 personnes vulnérables prises en charge par les secours. Le temps semble long pour un dimanche mais les opérations se déroulent bien, témoignaient plusieurs résidents auprès de l'AFP, s'estimant très bien informés et pris en charge.
Une fosse spécialement creusée
Sur le site, la bombe extraite d'un mur puis déplacée dans une fosse de deux mètres de profondeur spécialement creusée, fait l'objet de deux scénarios. Les spécialistes tentent en priorité d'extraire son détonateur lors d'une manoeuvre estimée à quatre heures. En cas d'impossibilité, l'arme sera détruite par explosion sous terre allongeant l'opération jusqu'à huit heures.
La zone reste quadrillée et survolée par des moyens aériens, pour empêcher les cambriolages d'opportunité tandis que le trafic de six lignes de bus RATP est coupé. Jeudi, le préfet des Hauts-de-Seine Alexandre Brugère avait qualifié cette intervention de «risquée» exigeant un «haut niveau de préparation». Les résidents devront patienter jusqu'à 19h au plus tard pour recevoir un ultime SMS les autorisant à regagner leur foyer.