L'adolescente d'une quinzaine d'années placée en garde à vue pour le meurtre dans les Ardennes de ses grands-parents, ainsi que son petit ami également mineur, ont reconnu les faits, requalifiés en assassinat, a annoncé jeudi le procureur de Reims.
Les deux adolescents sont présentés jeudi après-midi à un juge d'instruction en vue de leur mise en examen pour assassinat, a ajouté le procureur François Schneider, qui a requis leur placement en détention provisoire. Selon leurs récits en garde à vue rapportés par le procureur, c'est l'adolescente qui aurait planifié de tuer ses grands-parents, chez qui elle vivait, parce qu'ils s'opposaient à sa relation avec son petit ami. Les grands-parents avaient la garde de l'adolescente.
La jeune fille a également assuré en garde à vue que sa grand-mère lui «aurait mis des gifles» en raison de cette relation amoureuse, qui durait depuis «quelques mois», selon François Schneider. Son projet remontait à «au moins 15 jours» avant les faits, qui remontent selon l'enquête à lundi matin, a-t-il ajouté. Cette préméditation a mené à la requalification des faits en assassinat.
D'après le magistrat, le jeune homme, connu pour des faits de violences avec arme, est entré au cours du week-end, sans se faire repérer, dans la maison des grands-parents, dans la petite ville de Villers-Semeuse, à côté de Charleville-Mézières.
«Abesence complète d'émotions»
Cela a mis la grand-mère «en colère» lorsqu'elle a trouvé le jeune homme dans la chambre de la jeune fille lundi matin. D'après les auditions des deux adolescents, c'est la jeune fille qui aurait alors commencé à poignarder sa grand-mère à deux reprises, puis son petit ami qui aurait porté un coup de couteau au grand-père, venu car «alerté par les cris» de sa femme.
Le corps du grand-père, 74 ans, était porteur de «cinq plaies par arme blanche», notamment une au thorax, «cause de la mort par hémorragie», d'après l'autopsie pratiquée mercredi. La grand-mère, 71 ans, présentait quant à elle six plaies par arme blanche, dont «deux plaies thoraciques mortelles, également par hémorragie», ainsi que des traces de choc au visage.
Les deux corps ont été découverts par la police dans la cave de la maison, parmi «un amas d'objets divers d'où dépassaient une jambe et un pied», a rapporté le procureur. Les enquêteurs ont également retrouvé dans l'évier une lame de 21 centimètres, nettoyée et qui pourrait correspondre selon le médecin-légiste à l'arme du crime.
Les deux adolescents ont été interpellés mardi après-midi dans une friche industrielle à Sedan. Les enquêteurs et les magistrats ayant entendu les deux mineurs «ont été frappés par leur absence complète d'émotion et leur froideur générale, hormis quelques pleurs», a souligné le procureur.