Comme ses voisins européens
Il y a désormais plus de décès que de naissances en France

En 2025, la France a enregistré plus de décès que de naissances pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale. Au 1er janvier 2026, la population atteint 69,1 millions d'individus grâce au solde migratoire.
Photo: Shutterstock
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Cap symbolique pour la démographie française, qui rejoint celle de ses voisins européens: la France, qui compte désormais 69,1 millions d'habitants, a enregistré en 2025 plus de décès que de naissances pour la première fois depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Au 1er janvier 2026, la population a augmenté de 0,25% par rapport à l'an dernier, a indiqué mardi l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Mais pour la première fois depuis 1944, cette croissance est uniquement liée au solde migratoire, soit la différence entre le nombre de personnes entrées et sorties du territoire – il est estimé à +176'000 personnes. Le solde naturel, qui correspond à la différence entre les naissances et décès, est lui devenu négatif: -6000 personnes. Une situation qui s'explique par deux facteurs: le recul des naissances et la hausse des décès. La France est le dernier grand pays de l'UE à basculer ainsi en négatif.

Selon les chiffres compilés par Eurostat, le solde naturel de l'Union européenne (Royaume-Uni compris jusqu'en 2020) est devenu négatif en 2015. Depuis 2020, le nombre de décès dans l'Europe des 27 est même devenu supérieur, chaque année, de plus d'un million à celui des naissances. Depuis sa réunification en 1990, l'Allemagne a toujours connu moins de naissances que de décès, tandis que le solde naturel italien est passé en négatif en 1993, le solde polonais en 2013 et le solde espagnol en 2015, précise Eurostat. En 2024, outre la France, seuls cinq pays affichaient encore un solde naturel de population positif, indique la même source: l'Irlande, la Suède, Chypre, le Luxembourg et Malte. Le Danemark était lui à l'équilibre.

Natalité en berne

«Ce qui frappe, c'est à quel point, en quelques années, le solde naturel a diminué en raison de la diminution rapide des naissances», a souligné Sylvie Le Minez, cheffe de l'unité des études démographiques et sociales de l'Insee, lors d'une conférence de presse. Ce solde naturel était encore de +200'000 personnes en 2015. En 2025, 645'000 bébés ont vu le jour dans le pays, soit 2,1% de moins que l'année précédente, ce qui correspond au plus faible nombre sur un an depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, pour la quatrième année consécutive. Il s'agit même d'une chute de 24% par rapport à 2010, «année du dernier point haut des naissances»

Cette baisse est due au repli de la fécondité, soit le nombre d'enfants par femme. L'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) a continué lui aussi de diminuer: il s'est établi à 1,56 enfant par femme, après 1,61 en 2024, soit le plus faible niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Ce recul s'inscrit aussi dans une tendance de moyen terme: cet indice diminue depuis 2010, lorsqu'il s'élevait à 2,02 enfants par femme en France métropolitaine.

Quelques pistes d'explication

Les démographes avancent diverses explications: les personnes ont d'autres aspirations que fonder une famille, sont freinées par des difficultés (à trouver un travail stable, à se loger) ou des craintes (conciliation vie professionnelle et familiale, incertitudes climatiques...). La crainte de manquer de moyens financiers est ressortie comme l'un des principaux freins au désir d'enfant lors d'une récente consultation citoyenne, menée dans le cadre d'une mission parlementaire sur la baisse de la natalité.

En 2025, 651'000 personnes sont décédées en France, ce qui représente une hausse de 1,5% par rapport à l'année précédente. Cette progression s'explique également par l'épidémie de grippe hivernale, «particulièrement virulente en janvier», selon l'Insee.

Articles les plus lus