Le ministère de la Justice américain veut faire annuler une condamnation de l'ex-conseiller de Donald Trump Steve Bannon, pour avoir refusé de répondre à une assignation du Congrès sur les émeutes du 6 janvier 2021, selon la presse américaine. Lundi, selon le Washington Post, le ministère a demandé à la Cour suprême de renvoyer le dossier devant un tribunal où le procureur fédéral a requis l'abandon des charges retenues contre lui.
Le numéro deux du ministère, Todd Blanche, a qualifié cette démarche de changement de cap face à ce qu'il qualifie «d'instrumentalisation du système judiciaire par l'administration précédente», dans un communiqué. L'idéologue avait été condamné en octobre 2022 à quatre mois d'emprisonnement pour son refus de coopérer à l'enquête parlementaire sur l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021 par des partisans de Donald Trump. Il a purgé cette peine et avait été libéré fin octobre 2024, en pleine campagne présidentielle.
Figure majeure de l'extrême droite américaine, Steve Bannon avait été l'un des porte-voix des accusations – jamais prouvées – faisant état de supposées malversations lors de l'élection présidentielle de 2020. Des théories toujours en vogue chez une partie des conservateurs américains affirment que Donald Trump avait en fait battu Joe Biden.
Dans sa requête déposée lundi, la procureure fédérale de Washington, Jeanine Pirro, a estimé qu'un juge fédéral devrait rejeter l'acte d'accusation visant Steve Bannon «dans l'intérêt de la justice», a précisé le Washington Post. Donald Trump a régulièrement minimisé la gravité de l'assaut du 6 janvier 2021, décrivant cette date comme une «journée d'amour» et de «débordement d'affection» à son égard.
Assaillants du Capitole
Ce jour-là, des centaines de ses partisans avaient pris d'assaut le Capitole, pour tenter d'y empêcher la certification de la victoire de son adversaire Joe Biden. L'attaque avait choqué les Etats-Unis et le monde et provoqué la mort de cinq personnes.
Le 20 janvier 2025, dès son retour à la Maison Blanche, Donald Trump avait gracié par décret quelque 1250 condamnés pour l'assaut du Capitole, commuant la peine de 14 autres et ordonnant l'arrêt des poursuites contre des centaines d'accusés encore en instance de jugement. Il avait ainsi mis fin à la plus vaste enquête jamais menée par le ministère de la Justice.