De l'Arc jurassien au podium des SwissSkills: le parcours d’Asma Jafari
L’ambassadrice d’une région et d’un nouveau métier

De l’exil à une médaille d’argent aux SwissSkills, Asma Jafari incarne l’essor du nouveau métier de qualiticien·ne et la force de la formation de l'Arc jurassien.
Asma Jafari incarne la nouvelle génération de la microtechnique suisse: précision, détermination et un parcours hors norme qui la mène du Jura bernois aux SwissSkills.
Photo: Oliver Oettli
Article rémunéré, présenté par SwissSkills.

Sur les contreforts de la Berne Francophone, la précision est un pan de la culture. Et c'est en Romandie et dans cette région de l'Arc jurassien, les véritables bastions des fabriques horlogères et des industries de précision, qu’est née une nouvelle profession: celle de qualiticien·ne en microtechnique. Un métier au croisement du contrôle industriel, de la métrologie, de l'amélioration de la qualité et de la rigueur mécanique, taillé pour un territoire où le micron est une unité familière.

C’est aussi ici que se joue une histoire qui résume toute la dynamique de la formation professionnelle suisse: celle d’Asma Jafari, fraîchement médaillée d’argent aux SwissSkills. Une apprentie qui partage son temps entre le CEFF Industrie, le centre de formation professionnelle francophone du canton de Berne, et MPS Micro Precision Systems AG, entreprise biennoise emblématique du savoir-faire microtechnique helvétique.

Asma a un parcours inspirant. Son adolescence, elle l’a passée en exil. En 2016, elle quitte l’Afghanistan avec ses parents et ses quatre sœurs. Durant presque trois ans, la famille tente de s’établir quelque part. En Turquie d’abord. Puis elle fait un passage en Grèce, avant de finalement arriver en Suisse en 2019. Quand Asma parle de son parcours, on sent le poids de ce qu’elle a dû vivre durant ses jeunes années.

Aujourd’hui, Asma a 19 ans. En Suisse, elle se plaît bien! Et elle se voit bien y évoluer tout sa carrière durant. Bricoleuse à la maison et intéressée à comprendre comment tout marche, c’est en 2021 qu’elle découvre la microtechnique, presque par hasard: «J’ai fait un stage au CEFF et ça m’a plu», explique-t-elle.

À 19 ans, Asma Jafari est devenue l’une des figures du nouveau métier de qualiticien·ne en microtechnique. De l’exil afghan à l’argent aux SwissSkills, son parcours force l’admiration.
Photo: Oliver Oettli

Son apprentissage n’a rien d’évident. «Je suis arrivée en Suisse sans parler français», raconte-t-elle. De plus, ses bases scolaires ont été interrompues durant les trois années de voyage, ce qui rend les débuts d’autant plus exigeants: «Au début, c’était difficile, surtout avec tous les termes techniques. Mais ça va beaucoup mieux maintenant.»

Après une première année de tronc commun avec les micromécanicien·ne·s et les dessinateur·rice·s microtechniques, elle entre dans ce nouveau métier de qualiticienne. Elle apprécie surtout la variété. Aucun jour ne se ressemble: une fois elle fait des contrôles, une autre des processus et aussi de la vérification d’instruments.

En contrat à plein temps au CEFF, elle décroche un stage chez MPS qui la fait basculer dans la pratique. 

MPS: là où le micron ne pardonne rien

MPS Micro Precision Systems AG compte plus de 500 collaborateur·rice·s réparti·e·s sur plusieurs sites. L’entreprise conçoit et fabrique des systèmes micromécaniques complexes, des robots chirurgicaux aux guidages optiques, en passant par des pièces d’horlogerie haut de gamme et même des pièces du tout premier cœur artificiel… Le tout à une précision standard de 5 à 10 microns.

Dans ces murs, la marge d’erreur n’existe pas. On y travaille pour la santé, la mobilité, la science ou des domaines où un défaut invisible à l’œil nu peut se traduire par un dysfonctionnement majeur. La métrologie est partout. Les pièces sont mesurées au micron, des systèmes assemblés en salle blanche, dans un environnement équivalent à un bloc opératoire, et les processus sont documentés dans le moindre détail.

Asma Jafari en pleine séance de mesure au micron, un geste quotidien dans son travail de qualiticienne en microtechnique. Entre précision, analyse et rigueur, elle incarne l’excellence jurassienne.
Photo: Oliver Oettli

C’est dans cet environnement qu’Asma passe trois jours par semaine. Son rôle chez MPS consiste à faire en sorte que chaque instrument de mesure soit fiable, que chaque processus soit correctement suivi, que les contrôles soient documentés et que les audits se déroulent sans accroc. Elle apprend à analyser, vérifier, problématiser, anticiper.

Son responsable, c’est Blaise Wilhelm, aujourd’hui responsable de formation du groupe MPS. Ingénieur de formation et responsable du département de contrôle et de métrologie en 2001, il connaît les exigences du métier jusque dans leurs nuances. C’est lui qui encadre Asma, ainsi que les sept apprenti·e·s formé·e·s directement par l’entreprise.

Pour Blaise Wilhelm, le métier de qualiticien incarne une évolution naturelle de la microtechnique suisse. «C’est un nouveau métier, on est encore en train de le structurer», explique-t-il. MPS n’a pas encore mis en place l’ensemble des processus nécessaires pour former un·e qualiticien·ne en interne, d’où l’importance du partenariat avec le CEFF.

Chez MPS Micro Precision Systems AG, Asma progresse sous l’œil attentif de Blaise Wilhelm, son responsable et formateur. Ensemble, ils façonnent les compétences qui feront évoluer la qualité dans la microtechnique.
Photo: Oliver Oettli

Ce nouveau métier, rappelle-t-il, est un pont entre la production, le contrôle, la documentation et les ingénieurs. Un métier d’interface, autant technique qu’analytique. Et la pratique compte énormément: «Il y a des choses qu’on apprend qu’en atelier, au milieu des instruments. C’est là qu’on comprend vraiment ce que veut dire garantir la qualité», souligne Blaise Wilhelm.

Chez MPS, la stratégie est claire: le groupe veut augmenter progressivement le nombre d’apprenti·e·s. Pour cela, des investissements sont faits dans de nouvelles machines, la formation interne est renforcée et un encadrement à tous les niveaux est mis en place.

Asma, elle, n’est pas en formation duale. Elle est sous contrat avec le CEFF, mais stagiaire chez MPS. Ainsi, elle est suivie conjointement par les deux institutions: «Toutes les six semaines, on fait une évaluation commune avec le CEFF», précise Blaise Wilhelm. Les objectifs sont fixés ensemble et l’école ainsi que l’entreprise avancent ensemble.

Au-delà de son rôle chez MPS, Blaise Wilhelm s’implique aussi à l’échelle nationale. Il siège au collège d’experts du nouveau métier de qualiticien – une profession créée par la Convention patronale de l’industrie horlogère Suisse – et participe à la conception et à l’organisation des épreuves des SwissSkills pour les métiers de la microtechnique. Une manière, pour lui, de renforcer la cohérence entre formation, industrie et excellence professionnelle.

Le CEFF: là où l’on construit les bases

Si MPS permet à Asma de plonger au cœur de la production, c’est au CEFF Industrie de Saint-Imier qu’elle apprend à nommer, comprendre et maîtriser tout ce qu’elle manipule. Le centre de formation professionnelle francophone du canton de Berne est l’un des piliers du nouveau métier de qualiticien·ne en microtechnique. 

Dans l’univers de la microtechnique, chaque geste compte: ici, un travail de précision où la marge d’erreur n’existe pas. Un environnement où Asma apprend à garantir la qualité jusqu’au micron.
Photo: Oliver Oettli

La première année est un tronc commun partagé avec les micromécanicien·ne·s et les dessinateur·rice·s, puis la formation devient plus spécifique.

Patrick Allimann, chef expert du métier pour la Suisse romande et responsable du département mécanique du CEFF, se souvient des débuts d’Asma: «Quand elle est arrivée, elle mâchait un peu le français, mais j’ai tout de suite vu que c’était quelqu’un de fiable avec un fort potentiel. Elle faisait ce qu’on lui demandait avec précision. Mais surtout, elle voulait comprendre.»

Patrick Allimann et Asma Jafari en pleine discussion au CEFF.
Photo: Oliver Oettli

Avant de rejoindre l’enseignement, Patrick Allimann a passé plus de quinze ans dans l’industrie. Sa vision du métier est à la fois pragmatique et prospective. «Ce qui manquait en Suisse, c’était une formation complète. Avant, on formait des contrôleurs sur le tas. Là, ils ont une vraie boîte à outils qualité et de bonnes bases en usinage mécanique et en lecture de dessin.»

Pour Patrick Allimann, qualiticien·ne en microtechnique, «c’est un métier d’avenir, parce que les exigences sont toujours plus importantes, dans l’horlogerie comme dans le médical.»

«Avec ce qu’elle a vécu, avec la langue, ce qu’elle a dû rattraper… Asma a énormément de mérite», poursuit-il. «C’est une personne très combative, avec une vraie volonté.»

UBS - partenaire principal de SwissSkills

Plus de 1100 jeunes professionnels suisses ont montré leur savoir-faire lors des SwissSkills 2025 à Berne, qui se sont déroulés du 17 au 21 septembre. Les visiteurs et visiteuses ont pu découvrir 90 championnats des métiers et plus de 150 présentations de professions! L’apprentissage et la diversité professionnelle sont des facteurs essentiels de réussite de la place économique suisse. Afin de conserver ces atouts et de permettre aux jeunes de découvrir et de développer pleinement leur potentiel dans la vie professionnelle, UBS s’engage en faveur de l’initiative SwissSkills.

En tant que l’un des plus grands formateurs privés de Suisse, UBS assure une formation durable de la relève et la promotion des talents. L’apprentissage dans le commerce ou l’informatique chez UBS offre un départ idéal dans la vie professionnelle.

Plus de 1100 jeunes professionnels suisses ont montré leur savoir-faire lors des SwissSkills 2025 à Berne, qui se sont déroulés du 17 au 21 septembre. Les visiteurs et visiteuses ont pu découvrir 90 championnats des métiers et plus de 150 présentations de professions! L’apprentissage et la diversité professionnelle sont des facteurs essentiels de réussite de la place économique suisse. Afin de conserver ces atouts et de permettre aux jeunes de découvrir et de développer pleinement leur potentiel dans la vie professionnelle, UBS s’engage en faveur de l’initiative SwissSkills.

En tant que l’un des plus grands formateurs privés de Suisse, UBS assure une formation durable de la relève et la promotion des talents. L’apprentissage dans le commerce ou l’informatique chez UBS offre un départ idéal dans la vie professionnelle.

Direction les SwissSkills

A l’approche des SwissSkills, Patrick Allimann propose à Asma d’y participer, sans la brusquer.

Pour lui, la compétition est une chance pour cette jeune profession encore peu visible. «Les SwissSkills, pour nous, c’est du pain béni. Ça permet de montrer le métier, de le rendre concret. Et pour les jeunes, c’est une expérience incroyable.»

Asma s’inscrit alors qu’elle n’est encore qu’en 3e année d’apprentissage. Elle ne subit aucun entraînement intensif. C’est simplement la pratique de son métier qui est évaluée, telle qu’elle l’apprend chaque semaine entre le CEFF et MPS.

Mesurer et s'assurer que les instruments de mesure sont précis, c'est une des tâches d'Asma dans son métier.
Photo: Oliver Oettli

À Berne, elle se retrouve face à quatre jours d’épreuves, dont certaines en groupe avec des micromécanicien·ne·s et des dessinateur·rice·s microtechniques. Analyse, mesures, documentation, assemblage: la mécanique doit rencontrer la métrologie et qualité et la précision de chacun·e doit s’accorder avec celle des autres. 

Asma fait son chemin au fil des épreuves. «C’était plus stressant que les qualifications, déclare-t-elle, surtout la coordination en équipe, mais ça s’est très bien passé.» Puis, la cérémonie de remise des prix arrive et Asma remporte la médaille d’argent. Une belle distinction pour cette jeune professionnelle.

Sur le podium des SwissSkills à Berne, Asma Jafari reçoit la médaille d’argent. Une consécration pour cette jeune qualiticienne en microtechnique, symbole de persévérance et d’excellence jurassienne.
Photo: Valerie Chetelat

Et maintenant? L’avenir en ligne de mire

Pour Asma, la suite, c’est d’abord terminer son apprentissage et gagner en expérience dans le contrôle, la qualité, l’analyse — ce qui lui plaît aujourd’hui le plus. Ensuite, poursuivre des études. Son objectif est précis: «J’aimerais devenir ingénieure en biomécanique», déclare-t-elle.

Poursuivre aux EuroSkills ou aux WorldSkills, ça ne sera malheureusement pas possible. Car le métier de qualiticien·ne n’existe qu’en Suisse.

A long terme, Asma Jafari nourrit aussi un projet intime, forgé par son histoire. Elle rêve d’ouvrir un jour sa propre entreprise dans le biomédical. Mais ce n’est pas tout: elle imagine aussi une fondation destinée à aider les personnes réfugiées, à offrir un soutien réel à celles et ceux qui, comme elle, ont dû tout recommencer ailleurs.

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Cet article a été réalisé par le Ringier Brand Studio à la demande d'un client. Les contenus ont été préparés de manière rédactionnelle et répondent aux exigences de qualité de Ringier.

Contact: E-mail à Brand Studio

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