Une des premières décisions fortes de Rafel Navarro à son arrivée à la tête de la Nati a été de faire confiance à Aurélie Csillag en pointe. Ce choix n'était de loin pas une évidence, puisque l'attaquante de 23 ans n'avait pas fait partie de la sélection de Pia Sundhage lors de l'Euro 2025, mais le Catalan a perçu un potentiel intéressant chez elle et il a bien fait d'écouter son intuition.
Positionnée en pure avant-centre, la joueuse de Liverpool a en effet réussi un doublé ce mardi face à la Turquie, inscrivant deux buts forts différents. Le premier en reprenant d'une «Madjer» un centre parfait d'Iman Beney pour le 1-0 et le deuxième en se montrant opportuniste après une frappe de Géraldine Reuteler cafouillée par la gardienne turque.
«Le premier but, c'est un geste instinctif, tout simplement. Et le deuxième, je le sentais bien. J'avais bien vu que la gardienne n'était pas sûre et je pensais qu'elle allait en relâcher une. Quand Géri a frappé, j'ai tout de suite suivi», commente-t-elle. Et elle avait pris bien soin de ne pas être hors-jeu. «J'étais prête pour le deuxième ballon. Je suis très heureuse ce soir, j'ai marqué mon premier doublé avec la Nati. En plus à Zurich devant ma famille et tous mes amis», rayonnait l'héroïne du soir.
«En première mi-temps, c'était un peu poussif. Mais on s'est réveillés après la pause et on a joué avec enthousiasme. Le public nous a aidé aussi», explique l'attaquante, impressionnée d'entendre plus de 12'000 spectateurs pousser l'équipe de Suisse vers la victoire après le 0-0 de la première période.
Si Aurélie Csillag avait des raisons d'être satisfaite ce mardi, Rafel Navarro l'est tout autant. Sa décision de placer Sydney Schertenleib au coeur du jeu, et non plus en attaque, n'est possible que parce qu'il dispose d'une avant-centre performante. Sinon, la joueuse du Barça devrait prendre place en pointe, tant pis pour la création. Mais l'avènement d'Aurélie Csillag valide complètement cette option.
«On a beaucoup parlé de ses mouvements»
«Ce qui est bien avec elle, c'est qu'elle est à l'écoute et a envie de progresser. On a beaucoup parlé avec elle de son positionnement, de ses mouvements, de ses appels. C'est normal, elle n'a pas toujours joué avant-centre, elle doit acquérir certains automatismes. Regardez les premiers matches: on a fait des dizaines de centres, mais très peu l'ont trouvée. Aujourd'hui, elle marque sur un centre, elle est présente sur d'autres. Liverpool l'a fait signer en tant qu'avant-centre, il y a une raison», analyse le Catalan, content de son coup.
«Faire confiance à Aurélie était une bonne décision», sourit-il, alors que sa joueuse se montre reconnaissante. «Depuis qu'il est là, je ressens de la confiance. Il me permet d'enchaîner, il me parle beaucoup», explique l'attaquante, qui aura la possibilité d'enchaîner, samedi à Sinop. La concurrence de Svenja Fölmli et de Seraina Piubel est désormais clairement dans le rétroviseur.
