Un sandwich à 40 francs!
Que valent les burgers de Ronaldinho à Vernier?

La première enseigne de restauration R10 Burger a ouvert à Vernier (Genève), avec ni plus ni moins que l'ex-footballeur Ronaldinho comme partenaire. Ce lundi, Blick a goûté pour vous les sandwichs promus par la superstar brésilienne. Alors, valent-ils leur prix?
Publié: 25.06.2024 à 20:35 heures
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Dernière mise à jour: 25.06.2024 à 20:42 heures
Ronaldinho, ici avec le Swiss Burger de l'enseigne dont il est partenaire à Vernier: R10 Burger.
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Léo MichoudJournaliste Blick

Est-ce que vous paieriez 40 francs pour un burger, dans l'espoir d'apercevoir Ronaldinho tranquillement assis au fond du restaurant? C'est la question que je me suis posée, après l'inauguration chahutée du R10 Burger à Vernier dimanche. Alors, en marge d'une courte interview accordée par la star brésilienne, j'ai récupéré des sandwichs à l'emporter.

La terrasse porte encore les stigmates de la fiesta de la veille — pas complètement autorisée — en l'honneur de l'ex-footballeur. Une dizaine de jeunes et quelques adultes (maillots du Brésil, de Barcelone ou... de l'Italie sur les épaules) sont assis non loin.

Ils attendent un hypothétique retour de leur idole dans la petite bicoque qui porte son surnom, questionnant à répétition les serveurs et les serveuses au sujet du Ballon d'Or 2005. Le site du promoteur immobilier du quartier annonce des «burgers de haute qualité», mais qu'en est-il vraiment?

La seleçao et le prix

Il n'y a que trois burgers au menu, durant cette période mouvementée d'inauguration. Mon choix se porte sur deux d'entre eux: le Swiss Burger et le R10 Burger, soit le moins cher et le plus cher, servis avec des frites. Pour le premier, de couleur rouge vif, comptez 18 francs. Le second a un visuel plus classique, mais sur le dessus est floqué — ou plutôt brûlé — le sigle «R10». Celui-ci ne coûte pas moins de 40 francs!

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Les deux burgers sélectionnés pour cette dégustation: à gauche, le R10 Burger (40 francs) et à droite le Swiss Burger (18 francs).

Avant toute chose, commençons par les ingrédients que l'on retrouve dans chacun des deux burgers. Les oignons rouges et la feuille de salade sont frais et appétissants. Mais les cornichons — sucrés et coupés en petites lamelles ondulées — sont sensiblement les mêmes que l'on pourrait trouver au McDo.

Le Swiss Burger (18 francs)

Alors ça pour être rouge, il est rouge ce Swiss Burger. Des graines de sésame parsèment le bun écarlate de taille moyenne. Certains diraient qu'il ressemble à une amanite tue-mouche. Pour moi, visuellement, il a plutôt fière allure.

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Le Swiss Burger, au visuel, n'a pas l'air trop mal.

Mais est-il pour autant suisse? Le menu annonce la couleur: de la raclette, un steak de bœuf (100g), une galette de rösti et de la sauce «moutarde miel». Soyons clair, le fromage et les pommes de terre restent discrets en bouche. Et le steak est en fait un petit steak haché dont le diamètre est loin de celui du pain.

Et pour la dimension locale, c'est la volonté affichée par le gérant du R10 Burger de Vernier, le premier du nom. «Notre idée, c'est de travailler avec des produits frais et des circuits courts. Chaque gérant d'enseigne devra trouver le fournisseur le plus proche de chez lui. On partira sur ce genre d'engagement et non pas une centrale qui distribue dans toute l'Europe ou qui distribue dans le monde entier.»

À l'intérieur du sandwich, un steak haché, des röstis et de la raclette, tout ça pour un goût passable, mais très classique.

Le visuel rattrape un peu l'affaire et le résultat est tout à fait mangeable. Mais mise à part la couleur qui détonne, c'est d'une simplicité déconcertante. En bref, un burger classique de fast-food. Mais rouge et à 18 francs.

Le R10 Burger (40 francs)

Un «filet de bœuf en tranches recouvert de feuilles d'or 23 carats»: voilà qui justifie le prix exorbitant du R10 Burger, l'option «luxe». Alors, promesse tenue? Pas vraiment, car la serveuse me lance qu'en raison des stocks, la feuille d'or est remplacée par de la feuille d'argent. Accordons-leur que l'enseigne a dû accueillir plus de monde que prévu la veille.

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Le R10 Burger est la star du restaurant de Vernier, il a même un autographe sur son flanc.

J'ouvre mon sandwich pour en être sûr. Effectivement, c'est argenté. Et on est plus sur un bout de papier d'alu oublié sur la bidoche qu'un ingrédient de luxe. Une observation que me confirment mes collègues, une fois revenu à la rédaction de Blick.

Pour le reste de l'aspect, là où le Swiss Burger avait du charme, le R10 se prend les pieds dans le tapis. Le «bun brioché» sur lequel est écrit «R10» n'a pas le petit plus appétissant du Swiss Burger.

À l'intérieur, la viande est très bonne, mais les feuilles d'argent n'apportent pas grand-chose à l'ensemble. Ça fait luxe, mais ce n'est pas révolutionnaire.

La viande, par contre, est une bonne surprise. Le filet de bœuf est légèrement rosé et fond bien en bouche, encore heureux pour 40 balles, me direz-vous. Pour le reste, la «purée d'avocat maison» donne un peu de cachet et le cheddar n'a rien de spécial. Le goût de l'ensemble est franchement bon... mais 40 francs, vraiment?

Verdict?

Pour le moment, avec l'organisation en urgence qu'a nécessité l'accueil de la star brésilienne, c'est compliqué pour le R10 Burger de Vernier. Celui qui «se veut un restaurant familial, le rendez-vous des amateurs de sport et de tous les habitants de Genève qui aiment les burgers» n'a pour l'instant rien de plus qu'un fast-food classique.

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À voir ce que l'avenir lui réserve. Toujours sur le site du promoteur, on promet des «smash burgers et des burgers tartare, en passant par les bao burgers et les burgers au boeuf wagyu», ou encore des «french tacos».


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