Risques, objectifs…
Les 5 choses à savoir absolument avant d'investir en Bourse

Quelles sont les valeurs intéressantes pour placer son argent? Quelles sont les perspectives du marché? Conseils d’expert pour se lancer dans ce domaine déconcertant pour les investisseurs débutants.
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État du marché, risque des investissements… plusieurs facteurs sont à considérer pour ceux qui ont envie de se lancer en bourse.
Photo: Shutterstock
Erik Freudenreich

Avant de plonger dans le monde de l'investissement boursier, il convient de garder à l'esprit quelques points essentiels pour éviter de coûteuses erreurs. Les explications de Christian Gattiker, directeur de la recherche au sein de la banque privée Julius Baer.

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Comprendre les risques

Le marché boursier n'est pas un système d'enrichissement rapide et il n'y a aucune garantie de réaliser des bénéfices. Les actions boursières sont volatiles et leur valeur peut fluctuer rapidement, ce qui peut entraîner des pertes importantes en peu de temps. «La bourse récompense les personnes patientes, résume Christian Gattiker. En revanche, celles qui cherchent à faire des bénéfices rapides ont souvent beaucoup de mal à s'en sortir et finissent par perdre leur argent ou leurs nerfs.»

Une façon de minimiser les risques consiste à diversifier son portefeuille, en répartissant ses investissements entre différents types d'actions et d'autres possibilités, tels que des obligations ou des fonds communs de placement. La diversification peut contribuer à réduire le risque global, car si un investissement est peu performant, les autres peuvent l'être et compenser d’éventuelles pertes.

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Définir ses objectifs d'investissement

Avant de se lancer, il est essentiel de comprendre ses objectifs d'investissement: quel est le niveau de risque que l’on est prêt à prendre, la durée de l’investissement et ses objectifs financiers? Les réponses à ces questions servent à déterminer les types d'actions et d'investissements qui conviennent. «Stocker de l'argent liquide n'a de sens que temporairement, en cas de crise économique grave. Autrement, l'investissement est un atout. Et en ce moment, il n'est pas nécessaire de prendre des risques trop élevés. Les placements stables rapportent actuellement des intérêts ou des dividendes intéressants.»

Ceux qui ont des économies qui n'auront pas besoin d'être ponctionnées au cours des trois à quatre prochaines années devraient chercher de bonnes entreprises, acheter leurs actions et ne plus les regarder que rarement, estime l’expert. «Chaque année, à l'occasion de l'anniversaire de mes trois enfants et de Noël, mon beau-père a versé 50 francs dans un fonds composé d'actions de taille moyenne. Elles ont rapporté en moyenne 10% par an pendant 18 ans. Au lieu des 1800 francs versés au total, le dépôt en contenait plus du triple à la majorité des enfants.»

Par exemple, si l’on souhaite investir à long terme, on peut se concentrer sur des actions ayant un historique de croissance stable, telles que les actions de premier ordre, soit celles de grandes entreprises réputées (pour leur gestion, leurs produits, etc.). Lorsque l’on est plus intéressé par des gains à court terme, on peut se concentrer sur des actions présentant un niveau de risque et de volatilité plus élevé, telles que les actions de petite capitalisation, soit les entreprises qui ont une valeur boursière comprise entre 300 millions et 2 milliards de francs.

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Les perspectives du marché

«Après un début d'année prometteur, nous percevons qu'il y a encore de la marge pour les actions. La poussée des taux d'intérêt est majoritairement derrière nous et les obligations ne devraient plus être un frein pour les investisseurs.» Les principales tendances à observer sont la résistance de l’économie et l’affaiblissement de la pression inflationniste. «Si les perspectives devaient s'assombrir nettement, c'est-à-dire si l'économie commençait à s'affaiblir ou si le renchérissement devait soudain s'accélérer à nouveau, il faudrait à nouveau revoir les comptes.»

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Les secteurs intéressants

À l'exception des valeurs technologiques et des matières premières, les investisseurs suisses sont bien servis avec un large choix de valeurs locales. «Nous pensons que les valeurs dans le domaine de la santé comme la pharma, fortement représentées dans notre pays, sont également pertinentes dans une perspective globale. Pour la technologie, les valeurs américaines sont au premier plan. Quant aux actions de matières premières, elles sont quelque peu épuisées depuis deux ans. Il y aura sans doute de meilleures opportunités d'achat dans les mois à venir.»

Les actions suisses sont les plus 'américaines' d'Europe, image le stratège en chef de Julius Baer. «En d'autres termes, les entreprises de la bourse locale s’affirment comme des valeurs de croissance stables en comparaison européenne. Après des années décevantes, les actions européennes ont cependant retrouvé de leur vigueur. Pour le marché suisse, cela signifie que les valeurs de deuxième rang gagnent du terrain. Il s'agit d'entreprises un peu plus agiles, mais qui fluctuent davantage que les poids lourds, même en cas de mauvais temps.»

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Immobilier et or

L'immobilier a connu une forte croissance au niveau mondial pendant que les banques centrales ont injecté beaucoup d’argent dans l’économie de ces dernières années. «Entre-temps, les fonds immobiliers ont intégré un net ralentissement, précise Christian Gattiker. En Suisse, le recul n'est peut-être pas aussi important qu'aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou en Suède. Mais nous restons prudents pour l'instant, jusqu'à ce que l'on sache comment la hausse des taux hypothécaires se répercute sur les prix des logements et l'offre.»

Concernant l’or, l’expert souligne qu’il s’agit avant tout d’un placement de crise. « Si la politique mondiale tourne mal ou si, contre toute attente, les États-Unis entrent en récession, l'or s'envole. Lors des récentes embellies économiques, l'or a plutôt été un produit d'appel.»

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