Aperçu des salaires réels
Les salaires réels ont augmenté… mais pas pour ces métiers

Les derniers chiffres le montrent: les salaires réels en Suisse ont augmenté de 3,7% entre 2012 et 2024. Alors que l'évolution générale est réjouissante, il existe de nombreux groupes professionnels pour lesquels ce n'est pas le cas.
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Où vaut-il la peine de travailler en Suisse?
Photo: Keystone
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Martin Schmidt

L'évolution récente des salaires a dû réjouir de nombreux travailleurs en Suisse: l'année dernière, l'évolution des salaires réels a été la plus élevée depuis longtemps. Pourtant, savoir s'il reste plus ou moins d'argent dans le porte-monnaie à la fin du mois relève souvent du hasard, tant les aléas économiques – comme les crises liées aux guerres – sont imprévisibles.

Pour les ménages, c’est donc l’évolution sur le long terme qui compte vraiment. C'est ce que montre l'enquête sur la structure des salaires récemment publiée par l'Office fédéral de la statistique. Les données couvrent les années 2012 à 2024 et montrent que le salaire médian pour un emploi à 100% est passé de 6439 à 7024 francs par mois.

En d'autres termes, si tous les employés du pays travaillaient à temps plein, la moitié se situerait au-dessus et la moitié en dessous. En fin de compte, cela correspond à une augmentation réelle des salaires de 3,7% au cours de ces douze années.

Les salaires des enseignants ont massivement baissé

Pourtant, derrière cette moyenne nationale se cachent des disparités frappantes. Une analyse par profession et par âge montre que, dans de nombreux secteurs, les salaires ont stagné, voire nettement reculé en termes réels.

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Le cas des enseignants est particulièrement frappant: alors que la profession souffre d'une pénurie de personnel, leur pouvoir d'achat a fondu entre 2012 et 2024. Si la baisse est restée légère pour les jeunes, elle dépasse les 7% pour les catégories des 30-49 ans et des plus de 50 ans.

Travailler pour l'Etat ne signifie donc pas en soi profiter d'une meilleure évolution salariale que les employés du secteur privé. La raison est simple: pour faire des économies, de nombreux cantons n'ont pas, ou trop peu, adapté les grilles salariales à l'inflation au fil des ans. Ce n'est pas le cas dans l'administration publique, où les salaires réels ont augmenté de 6,7%.

Autre surprise: dans la chimie, les salaires de production ont stagné, tandis qu'ils ont reculé de 1,4% dans la pharma. Malgré cela, un employé de la production pharmaceutique gagnait en moyenne un peu plus de 10'000 francs en 2024.

Ces secteurs qui subissent des pertes importantes

La situation est particulièrement sombre pour les employés de bureau en contact avec la clientèle. Dans le groupe d'âge des 30-49 ans, les salaires réels ont baissé de plus de 10% en douze ans. Cette baisse s'explique par une mutation profonde du secteur. De nombreux prestataires de services ont réduit leur réseau de filiales. De plus, le contact direct avec la clientèle a été remplacé en de nombreux endroits par un service clientèle téléphonique, qui est à son tour menacé par l'IA et les chatbots.

Les agents de sécurité privée ont également subi des baisses de salaire importantes: chez les moins de 29 ans, les salaires réels ont chuté de près de 15% en douze ans. Chez les plus âgés, ils ont baissé de 7 à 9,6%. Ici, ce sont surtout les faibles barrières à l'entrée pour les employés et la forte concurrence qui semblent avoir un effet négatif sur les salaires.

Des branches plus réjouissantes

Il existe toutefois des branches dont l'évolution salariale est positive, voire très positive: dans la construction mécanique, le génie civil, le commerce de détail, le commerce de gros, chez les garagistes, dans l'hôtellerie et la restauration, les salaires réels ont augmenté de 5,7 à plus de 7%. Le bâtiment est un peu à la traîne avec 3,5%. L'évolution des salaires réels a été particulièrement positive dans les agences de voyage (+13,7%), les assurances (+10,4%) ou l'industrie horlogère (+10,4%).

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Dans certaines professions, les salaires ont également évolué de manière très différente selon le groupe d'âge: chez les gestionnaires d'entreprise de plus de 50 ans, les salaires réels ont augmenté de plus de 8%, alors qu'ils n'ont que légèrement progressé chez les plus jeunes. C'est exactement l'inverse pour les employés de la vente: les salaires des moins de 29 ans ont augmenté de près de 5%. Chez les électriciens, les salaires réels des plus jeunes ont augmenté de près de 9%.

L'évolution des salaires réels des cadres de l'hôtellerie et de la restauration est également réjouissante: ils ont augmenté de plus de 10% chez les moins de 29 ans et les plus de 50 ans.

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