Effets des cessez-le-feu
Les bourses effacent les pertes de la guerre en Iran... pour l'instant

Anticipant les négociations et l'accalmie sur le front de la guerre en Iran, les marchés boursiers ont fortement rebondi. Mais sans réouverture du détroit d'Ormuz, cet optimisme peut s'avérer de courte durée et laisser place à une correction.
Deux rebonds spectaculaires intervenus sur les marchés, le 30 mars et le 8 avril.
Photo: AFP
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Myret ZakiJournaliste Blick

Depuis le 30 mars, les grands indices boursiers ont tous rebondi de façon marquée, allant jusqu'à effacer les pertes liées à la guerre en Iran, pour atteindre des niveaux historiques. L'indice américain S&P 500, qui avait perdu 9% le premier mois de guerre, a ainsi repris 11% de hausse. L'Euro Stoxx 600 en Europe, qui avait cédé 10%, a rebondi de 8%. En Suisse, l'indice SMI, après une chute de 12% est remonté de 7%. Au Japon, le Nikkei a fait un yoyo de -13% suivi de +17%. 

Cela peut sembler contre-intuitif que le marché des actions ait connu de telles hausses ces derniers jours, allant jusqu'à battre des records historiques, alors même que la guerre en Iran menace encore les voies d'approvisionnement mondiales de pétrole, avec le blocus du détroit d'Ormuz. Mais cela s'explique par deux rebonds spectaculaires intervenus sur les marchés, le 30 mars et le 8 avril. 

Menaces non exécutées, marchés rassurés

Ces rebonds semblent coïncider avec des phases où les investisseurs ont réévalué le risque à la baisse, face à la guerre en Iran. Une première fois quand la perspective d'un cessez-le-feu a été évoquée, après un mois de conflit, et une seconde fois quand Donald Trump a renoncé à mettre à exécution ses menaces de «destruction de la civilisation» de l'Iran, reportant son ultimatum. 

Dans l'esprit des investisseurs, l'incertitude maximale des débuts a alors laissé place à l'anticipation de pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran, et Israël et le Liban, et d'une possible issue négociée aux conflits. Même la perspective de cessez-le-feu temporaires a suffi à relancer un certain optimisme sur les marchés. 

Appétit pour la tech et l'énergie

Face à des cours qui avaient chuté dans le secteur technologique, notamment, les investisseurs ont vu une oppotunité d'acheter, alors que les menaces de disruption de l'IA, secteur très dépendant de l'énergie, s'atténuaient. Le Nasdaq, l'indice technologique américain, qui avait perdu 10% pendant le premier mois de la guerre, a ainsi regagné 16% sur ces deux rebonds, s'adjugeant l'une des meilleurs performances depuis fin mars. 

Parmi les gros gagnants, en bourse, figurent aussi les entreprises du secteur énergétique, qui ont profitent des pics de prix sur le pétrole pour réaliser des ventes record. Le pétrole continue d'afficher des prix élevés avec le blocus américain du détroit d'Ormuz. Un titre comme BP (British Petroleum) gagne 23% depuis le 28 février, affichant une hausse continue, tout le groupe italien ENI (+20%) et le Brésilien Pétrobras (+24%). 

Pour garder leur optimisme, les investisseurs attendent toutefois des progrès dans les pourparlers et la perspective d'une réouverture du détroit d'Ormuz. L'enjeu: refluidifier rapidement le commerce pétrolier afin de soulager les économies et les entreprises qui se retrouvent sous pression en raison de la cherté des prix de l'énergie. Faute de quoi, les valorisations des marchés risque de s'avérerer trop optimistes au sujet du coût global de la guerre au Moyen-Orient, et pourraient bien corriger à la baisse.

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