Une retraite émotionnelle
Joana Hählen: «Sans eux, je n’aurais pas pu vivre mon rêve»

À 34 ans, Joana Hählen raccrochera les skis en fin de saison. La spécialiste de vitesse tient à remercier tout particulièrement son père Beat, qui l'a beaucoup aidée sur le plan médical.
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Joana Hählen et son père Beat. La spécialiste de la vitesse met un terme à sa carrière à 34 ans.
Photo: BENJAMIN SOLAND
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Mathias Germann et Benjamin Soland

Trois ans et demi après son père Beat Hählen, Joana Hählen prend elle aussi sa retraite. Beat Hählen a été médecin de village à Lenk pendant 38 ans et profite aujourd’hui d’une vie sans le stress du cabinet. Sa fille, elle, raccroche les skis à 34 ans.

Un nouveau chapitre s’ouvrira ensuite, notamment sur le plan professionnel. «J’ai beaucoup d’idées, mais rien de concret pour l’instant. Tout ce qui touche au corps m’intéresse. Ce serait bien de pouvoir transmettre mon expérience du sport de haut niveau», explique Joana Hählen.

Contrairement à ce que certains pensent, la Bernoise n’était pas une casse-cou. Pourtant, elle s’est gravement blessée à plusieurs reprises. Son ligament croisé s’est rompu quatre fois (dont trois fois sans chute). Sa cinquième blessure au genou a été la plus grave. «Pendant longtemps, on ne savait pas si mon genou fonctionnerait à nouveau correctement. Je ne pouvais plus tendre complètement la jambe. Cette incertitude était très pesante mentalement», raconte-t-elle.

Les parents auront plus de calme

Joana Hählen n’est pas frustrée. Bien au contraire: elle repense avec reconnaissance à ses treizes années passées en Coupe du monde. La Suissesses est montée cinq fois sur le podium. «Ce qui me reste le plus, ce sont les gens et les expériences vécues ensemble. Sans équipe, même un succès n’est qu’à moitié beau.»

L’esprit d’équipe a toujours caractérisé cette combattante. En Coupe du monde, personne ne dit du mal d’elle. Ses collègues soulignent sa joie de vivre, son fair-play et son empathie. «Je connais Ana depuis le cadre C. C’est un rayon de soleil et elle va me manquer», déclare Jasmine Flury.

Comme pour leur fille, une période plus calme commence également pour les parents de Joana Hählen. Sa mère Monika n’aura plus besoin d’aller se promener pendant les courses de vitesse, trop nerveuse pour regarder. Et son père Beat conseillera moins souvent sa fille sur le plan médical. «J’aimais bien faire ça. Mais j’aurais préféré qu’Ana devienne slalomeuse», sourit-il.

Sa fille profitait du fait que le cabinet médical se trouvait à la maison, au rez-de-chaussée. «C’était pratique. De temps en temps, je me cassais quelque chose de petit, comme la main ou le pouce. Alors mon père pouvait tout de suite faire une radio et un plâtre, sans rendez-vous.»

Le mariage et les vacances

Beat Hählen n’était pas seulement médecin de famille, mais aussi médecin chez Swiss-Ski. Les blessures des skieurs, il les connaît parfaitement. «J’avais un regard pragmatique, cela faisait partie de mon quotidien. Ce n’est qu’après la mort tragique d'Ulrike Maier, en 1994, que je me suis vraiment interrogé sur le sens de tout cela. Après cet événement, j’ai été traumatisé pendant des années.»

Pour Joana, le soutien de ses parents a été décisif. «Ils m’ont encouragée dès mon plus jeune âge et m’ont toujours soutenue. Je leur en suis très reconnaissante. Sans eux, je n’aurais pas pu vivre mon rêve.»

Une chose ne lui manquera pas: devoir sans cesse faire et défaire les valises, les longs trajets en voiture et l’imprévisibilité. Ce qui lui manquera, en revanche, c’est:. «Les nombreux endroits magnifiques. Les moments particuliers sur les pistes. Par exemple tôt le matin, au lever du soleil. Je me suis toujours sentie sur mes skis.»

Elle se réjouit désormais de pouvoir accorder quelques semaines de repos à son corps, qui en a bien besoin. Un jour, viendront aussi le mariage avec son fiancé Lorenz et des vacances. Et Beat dans tout ça? «Je suis fier d’Ana», dit-il simplement en prenant du recul.

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