Un changement pas nécessaire
«J'ai reçu un faux bulletin météo» s'agace le directeur de course du Lauberhorn

L'ambiance n'est pas au beau fixe au sein de la direction de course après la descente du Lauberhorn. Le bulletin météo a provoqué une discussion enflammée.
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C'est à l'endroit où Marco Odermatt et ses amis se lancent habituellement dans un saut spectaculaire que la descente raccourcie du Lauberhorn a été lancée cette fois-ci: Sur le Hundschopf.
Photo: keystone-sda.ch
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Marcel W. Perren

Une demi-heure avant le départ, le chef de course de Head, Rainer Salzgeber, ne cache pas son étonnement face à la décision de la direction de course de déplacer le départ vers le Hundschopf. «Lors de la reconnaissance, je n’ai pas eu le sentiment qu’il fallait raccourcir. Je n’ai pas ressenti de vent violent», explique-t-il.

Environ trente minutes après la fin de la course, le directeur de course de la FIS, Markus Waldner, arrive à l’aire d’arrivée. L'Italien est visiblement agacé. Dans un entretien accordé à Blick, il s’exprime sans détour: «Oui, je suis en colère. Et ce, parce que j’ai manifestement reçu un faux bulletin météo!»

Le responsable de la Fédération internationale de ski entre ensuite dans les détails: «Selon le service météorologique officiel de l’organisateur, du vent était annoncé toute la journée dans la partie supérieure. Or, au départ de la course à 12h30, il n’y avait pas de vent en haut. Une course aurait donc été possible depuis le départ original.»

Des mots clairs de Tom Stauffer

Depuis de nombreuses années, c’est la société de l’ancienne star de la télévision allemande Jörg Kachelmann qui établit les prévisions météorologiques pour les courses du Lauberhorn. Ces dernières saisons, celles-ci se sont révélées très fiables.

Responsable médias du Lauberhorn, Christoph Leibundgut prend également la défense de «Kachelmann»: «Le Guggiföhn restera toujours totalement imprévisible, même pour les météorologues. Le fait est qu’il y a eu de forts vents dans la partie supérieure du parcours jusqu’à une heure avant la course. Afin de garantir le déroulement de l’épreuve, nous avons donc décidé d’abaisser le départ suffisamment tôt.»

Une décision pleinement soutenue par l’entraîneur en chef de Swiss-Ski, Tom Stauffer: «Pour que le chronométrage et les caméras de télévision soient prêts à temps, il faut prendre une décision à Wengen environ une heure avant le départ.» Il ajoute: «Cela n’aurait aidé personne si nous avions lancé la course depuis le départ original à 12h30, avant de voir le Guggiföhn se lever à 13 heures. À ce moment-là, il aurait été trop tard pour retarder le départ: il aurait fallu interrompre la course.»

Critiques venues d’Autriche

L’ancien vainqueur de Kitzbühel, Hans Knauss (Aut, 54 ans), se montre plus critique. «Nous devons veiller à ne pas devenir trop prudents dans notre sport», estime-t-il. «Le vent n’est pas un problème majeur au Hundschopf, car le secteur est bien protégé. Et même si un coureur prend une rafale à la Minschkante, ce n’est pas extrêmement dangereux: on ne vole pas ici sur 50 à 60 mètres comme au Golden Eagle de Beaver Creek.»

L’Autrichien va plus loin: «Si un départ depuis le sommet n’était pas possible, j’aurais au moins lancé la course depuis le début de la descente combinée. Une descente du Lauberhorn sans le saut du Hundschopf n’est, à mes yeux, pas une vraie descente du Lauberhorn.»

Le dernier mot revient à Christoph Leibundgut: «Nous préférons une course raccourcie plutôt qu’une compétition disputée depuis le départ original, dans laquelle l’un des grands favoris pourrait être piégé par le vent. Pour nous, le fair-play passe avant tout.»


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