Bilan des Mondiaux juniors
Ces jeunes skieurs suisses donnent envie d'être suivis

Avec six quatrièmes places, la délégation suisse repart frustrée des Mondiaux juniors de Narvik. Mais plusieurs jeunes skieurs et skieuses ont confirmé un potentiel prometteur pour la Coupe du monde.
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Giuliano Fux devrait bientôt être au départ des courses de Coupe du monde.
Photo: Screenshot FIS TV
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Benjamin Gwerder

Les Suisses: beaucoup de potentiel, peu de médailles

La délégation suisse aurait pu repartir des Mondiaux juniors de Narvik avec davantage de médailles. À six reprises, des athlètes helvétiques ont terminé à la frustrante quatrième place. Chez les femmes en particulier, la qualité et l’expérience présentes laissaient espérer un bilan plus fourni.

Dania Allenbach (19 ans) et Sue Piller (20 ans) figuraient toutes deux parmi les favorites du géant de Narvik. Mais lors de la seconde manche, les deux skieuses ont commis des erreurs. Allenbach n’est jamais parvenue à trouver son rythme, tandis que Piller a laissé échapper une médaille presque assurée après une grosse faute de trajectoire.

L’avenir du ski suisse ne paraît toutefois pas sombre. Les deux talents originaires du Saanenland bernois ont tout de même décroché le bronze dans l’épreuve par équipes aux côtés de Giuliano Fux (20 ans) et Jack Spencer (20 ans). Allenbach a également terminé quatrième du super-G et montre régulièrement qu’elle n’hésite pas à attaquer. Le fait que toutes deux aient encore marqué des points en Coupe du monde lors du géant d’Åre, disputé en même temps que les Mondiaux juniors, confirme leur potentiel. Il est peu probable que ce soit la dernière fois.

Shaienne Zehnder (20 ans), originaire de Faulensee (BE), apparaît elle aussi comme une candidate sérieuse à ses premiers points en Coupe du monde. Dans trois courses sur quatre, elle s’est classée parmi les dix premières. En géant notamment, elle n’a échoué qu’à un souffle du podium en terminant quatrième, à neuf centièmes.

Chez les hommes, la première apparition en Coupe du monde de Sandro Manser semble n’être qu’une question de temps. La concurrence est certes très forte dans l’équipe suisse de vitesse, mais le skieur de Pfäffikon (SZ), âgé de 20 ans, est notamment considéré par le champion du monde Franz Heinzer comme l’un des prochains grands espoirs du ski suisse. Comme Franjo von Allmen avant lui, Manser a déjà remporté deux médailles d’argent aux Championnats du monde juniors.

La transition vers la Coupe du monde pourrait être encore plus rapide pour le Valaisan Giuliano Fux. Grâce à son titre mondial junior en, il s’est assuré une place pour la finale de la Coupe du monde à Lillehammer. Son bilan à Narvik est remarquable. En plus de sa médaille d’or, Fux a remporté le bronze dans le parallèle par équipes et signé deux quatrièmes places. S’il avait été neuf centièmes plus rapide au total lors de ses quatre courses, il aurait à lui seul remporté quatre médailles. Un chiffre qui en dit long.

Aurelio Wyrsch (21 ans), originaire de la vallée du Rhin saint-galloise, a lui aussi convaincu en terminant sixième du géant. Un autre résultat solide.

Anna Trocker, la révélation de Narvik

Ce que la très jeune athlète italienne a montré lors de ces Mondiaux juniors est tout simplement impressionnant. En trois départs, elle a remporté trois médailles. Elle a d’abord décroché l’argent par équipes, avant d’enchaîner deux médailles d’or, avec une nette domination.

Elle s’est imposée en géant avec 1,37 seconde d’avance. En slalom, elle a même relégué ses rivales à 2,29 secondes.

Cornelia Öhlund, un cas particulier

La Suédoise constitue un cas à part. Avec sa septième place en géant, son résultat à Narvik passe presque inaperçu au premier regard. Mais la skieuse de seulement 19 ans n’a volontairement disputé que cette seule course.

Photo: AFP

Championne du monde junior de slalom en 2025, elle s’est déjà installée parmi les meilleures au monde. Au lieu de défendre son titre, elle s’est directement rendue à Åre, où elle a immédiatement terminé septième du slalom de Coupe du monde.

Benno Brandis, le jeune Allemand à suivre

À première vue, ses résultats aux Mondiaux juniors peuvent sembler peu spectaculaires. Mais un regard plus attentif nuance cette impression. En super-G, l’Allemand était en route vers la médaille d’or avant son abandon.

Si l’on tient compte de ses solides résultats cette saison ainsi que de son titre de champion du monde junior de super-G en 2025, il devient vite évident que ce nom pourrait apparaître régulièrement en Coupe du monde. A noter que Brandis, 19 ans, pourra encore participer aux Mondiaux juniors l’an prochain.

Les frères Carrick-Smith

Les trois frères britanniques Luca (20 ans), Zak (19 ans) et Freddy Carrick-Smith (19 ans) écrivent eux aussi une histoire particulière. Les trois skieurs sont entraînés par leurs parents et forme depuis quelque temps une équipe très soudée en slalom. Avant les Mondiaux, ils étaient régulièrement cités parmi les outsiders. Avec une médaille d’argent, ils n’ont que partiellement répondu aux attentes, mais il est probable qu’on les voie encore lutter ensemble pour les premières places.

Luca en particulier peut nourrir des regrets. Il aurait remporté le slalom avec une large avance s’il n'avait pas enfourché au moment décisif.

Haghighat et Charbonnier portent la France

La France s’est également illustrée à Narvik. Une grande partie de son succès repose sur Victor Haghighat (18 ans) et Emy Charbonnier (20 ans). Tous deux ont été sacrés champions du monde juniors en super-G.

Comme leurs temps ont aussi été pris en compte pour l'épreuve par équipes, ils ont pu recevoir quelques heures plus tard une deuxième médaille d’or. Ils ont certes aussi bénéficié des solides performances en slalom de leurs coéquipiers. Depuis Narvik, Charbonnier et Haghighat figurent parmi les espoirs les plus prometteurs du ski alpin.

Le second nommé, qui n’a que 18 ans, est par ailleurs encore assez jeune pour pouvoir participer à deux autres Championnats du monde juniors.

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