L’experte de la SRF, Tina Weirather, a lancé le débat. «J’ai le sentiment que les cheveux de Malorie Blanc sont trop longs», a-t-elle déclaré dans le podcast «Podcast am Pistenrand».
Il n’était pas question d’esthétique, mais d’aérodynamisme. Plus précisément de la position en recherche de vitesse lors des épreuves de descente et de super-G. Lorsque des cheveux dépassent du casque, le flux d’air se détache. «Des turbulences se créent, ce qui freine», a expliqué l'ex-skieuse liechtensteinoise. Les cheveux trop longs ne sont pas idéaux non plus puisqu'ils modifient l’écoulement de l’air dans le dos.
On parle ici de détails. Peut-être de centièmes de seconde. La Valaisanne a réalisé une saison solide et a remporté à Crans-Montana (VS) sa première course de Coupe du monde. Elle a toutefois rencontré des difficultés dans les phases de glisse et dans les longues courbes. «J’ai encore beaucoup de potentiel dans ces domaines», reconnaît-elle.
«J’y réfléchis»
Cela concerne-t-il aussi ses cheveux? Elle en a discuté avec Thomas Rehm, technicien de Lara Gut-Behrami, qui l’a interpellée sur le sujet. «Tom m’a dit que je ne devais pas forcément les couper, mais qu’il serait peut-être préférable de les attacher autrement.»
Un chignon, comme celui de ses coéquipières Gut-Behrami ou Corinne Suter, constitue une option. Il permet de combler proprement l’espace entre le casque et le dos. Une tresse dissimulée sous la combinaison est également envisageable. «J’y réfléchis pour l’hiver prochain», explique Blanc.
Mais existe-t-il réellement une solution idéale sur cette question capillaire? «Non», répond Björn Bruhin, collaborateur scientifique chez Swiss-Ski, qui participe régulièrement à des tests en soufflerie. De nombreux paramètres influencent l’aérodynamisme en position de recherche de vitesse: l’anatomie, la posture, le casque, l’airbag, la protection dorsale et donc les cheveux. «Il est difficile de généraliser. Portés libres comme chez Malorie, ils ne sont probablement pas optimaux, car ils bougent avec le vent. Mais cela devrait être testé.»
Une tendance se dégage
La Valaisanne n’a encore jamais effectué de tests en soufflerie. Elle et Swiss-Ski devraient prochainement s’y atteler. Une tendance générale se dessine toutefois, précise Bruhin. «Les cheveux attachés sont généralement plus efficaces que les cheveux libres.»
Autrement dit: Blanc n’est pas contrainte de couper ses cheveux pour gagner en vitesse. Mais si cela s’avérait nécessaire, elle le ferait.