Les anecdotes du week-end
Le héros de Kitzbühel évacué en ambulance, gyrophares allumés

Kitzbühel 2026 a livré un week-end plein de surprises. Entre le podium inattendu de Maxence Muzaton et la quasi-certitude du cinquième globe de Marco Odermatt, les anecdotes ont fusé sur la «Streif».
Maxence Muzaton a pris la 3e place de la descente, samedi à Kitzbühel.
Photo: Anadolu via Getty Images
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Mathias Germann et Marcel W. Perren

Marco Odermatt peut voir venir

Marco Odermatt est passé tout près de sa première victoire en descente sur la «Streif», échouant pour sept petits centièmes. Mais le Nidwaldien peut déjà presque se projeter vers un cinquième sacre au classement général de la Coupe du monde. Vainqueur du super-G du Hahnenkamm et deuxième de la descente, la superstar aux 53 succès individuels en Coupe du monde compte désormais 617 points d'avance sur Lucas Pinheiro Braathen.

Le Brésilien ne devrait plus disputer que trois géants et trois slaloms cet hiver. Autrement dit, même en remportant toutes les épreuves techniques restantes, il ne pourrait inscrire qu'un maximum de 600 points, à moins qu'il ne s'aligne soudainement en super-G. Loïc Meillard occupe actuellement la troisième place du classement général, à 702 points de Marco Odermatt. En plus des six courses techniques, le Valaisan pourrait également prendre part aux super-G de Garmisch, Courchevel et Lillehammer. Mais il apparaît hautement improbable que le champion du monde de slalom puisse engranger plus de 700 points sur le reste de son programme.

Le cinquième grand globe de cristal ne peut plus être enlevé à Marco Odermatt.
Photo: Anadolu via Getty Images

Le héros de Kitzbühel évacué sous gyrophares

La grande sensation de Kitzbühel 2026 se nomme Maxence Muzaton. Le Français de 35 ans a pris une brillante troisième place en descente avec le dossard 29. Il s'agit seulement de son deuxième podium en Coupe du monde, après sa deuxième place au combiné du Lauberhorn en 2017.


Après cet exploit, le spécialiste de vitesse a toutefois été confronté à une situation pour le moins particulière. «Lorsque Maxence a remis son échantillon d'urine pour le contrôle antidopage, la route menant au Bruggerhof, où loge l'équipe de France, était totalement bloquée en raison de l'affluence gigantesque de spectateurs», raconte Peter Eder, secrétaire de course des épreuves du Hahnenkamm depuis de nombreuses années. Pour permettre à Maxence Muzaton de rejoindre son hôtel à temps, Peter Eder a eu une idée originale: «J'ai fait appeler une ambulance équipée d'un gyrophare. Cela a parfaitement fonctionné».

Pour se rendre rapidement à l'hôtel, Maxence Muzaton est conduit par une ambulance.
Photo: ZvG

Le pari autour de Stefan Babinsky

Christoph Geiler compte parmi les journalistes de ski les plus influents d'Autriche. La plume réputée du quotidien «Kurier» avait tiré un trait sur Stefan Babinsky dès le mois de décembre. «Stefan Babinsky ne montera jamais sur un podium de Coupe du monde», avait-il affirmé lors d'un dîner à Alta Badia avec des dirigeants de l'ÖSV.

Le responsable alpin de la fédération autrichienne, Christian Mitter, avait réagi avec flegme: «Si tu es aussi sûr de toi, on peut faire un pari: je mets 5000 euros». Christoph Geiler était prêt à relever le défi, mais le secrétaire général de l'ÖSV est finalement intervenu pour éviter un pari aussi élevé. Les deux hommes se sont donc mis d'accord sur un simple dîner.

Le journaliste peut aujourd'hui se réjouir d'avoir échappé au pire. Après avoir décroché son premier podium en Coupe du monde avec une deuxième place lors du super-G du Lauberhorn, Stefan Babinsky a récidivé vendredi en terminant troisième du super-G de Kitzbühel.

Stefan Babinsky surfe actuellement sur la vague du succès.
Photo: keystone-sda.ch

Grognements dans le camp allemand

Au lendemain du week-end du Hahnenkamm, les skieurs allemands avaient eux aussi des raisons de se réjouir. Linus Strasser a pris la troisième place du slalom, offrant le premier podium de Coupe du monde de la saison aux hommes de la DSV. De son côté, Luis Vogt a créé la surprise en terminant huitième de la descente avec le dossard 40.

À 23 ans, Luis Vogt a ainsi rempli les critères de sélection pour les Jeux olympiques. C'est précisément ce point qui provoque aujourd'hui une vive polémique en Allemagne. Avant Kitzbühel, l'Association sportive olympique allemande avait déjà attribué les cinq quotas olympiques masculins de la DSV à Linus Strasser, Simon Jocher, Alexander Schmid, Fabian Gratz et Anton Grammel.

Or, Anton Grammel n'a rempli les critères olympiques qu'en partie, tandis qu'Alexander Schmid, champion du monde de géant parallèle en 2023, souffre actuellement d'une blessure à la cheville. Malgré cela, il est peu probable qu'un athlète déjà sélectionné soit écarté. «Cette règle des quotas est une absurdité totale», s'insurge Felix Neureuther (13 victoires en Coupe du monde) sur la chaîne ARD. «On emmène des athlètes de pays qui n'ont aucune chance, alors que certains des meilleurs skieurs du monde doivent rester à la maison». Et l'ancien champion allemand de conclure: «Si Luis Vogt n'est pas sélectionné, je monterai aux barricades».

Photo: Sven Thomann
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