Qui va l'emporter?
Trois Suisses luttent pour deux places pour la descente des JO

C'est la question la plus passionnante avant le début des Jeux olympiques: Quels Suisses obtiendront les deux dernières places de départ en descente? Blick a confronté quatre experts de haut niveau à cette question.
1/7
C'est sur la Stelvio à Bormio qu'Alexis Monney a réalisé son chef-d'œuvre il y a treize mois.
Photo: AFP
RMS_Portrait_AUTOR_1182 (1).JPG
Marcel W. Perren

«Complètement inattendu», «totalement impressionnant», «comme venu d’une autre planète»: c’est à coups de superlatifs qu’avait été commentée, il y a treize mois, la performance d’Alexis Monney en descente à Bormio. Le Fribourgeois y avait décroché sa première victoire en Coupe du monde sur la redoutable Stelvio, le lendemain du grave accident à l’entraînement du «sanglier» français Cyprien Sarrazin. Le tout dans des conditions extrêmement difficiles, avec le dossard 19.

Samedi prochain, la descente olympique se disputera sur ce même tracé. Rien ne garantit toutefois qu'Alexis Monney sera au départ. Deux des quatre places suisses dans la discipline reine sont déjà promises à la superstar Marco Odermatt et au champion du monde de descente Franjo von Allmen. Pour les deux tickets restants, Monney — cinquième à Wengen, neuvième à Beaver Creek et en Val Gardena — pourrait devoir lutter face à Niels Hintermann, (sixième à Kitzbühel, septième à Gröden) et Stefan Rogentin (huitième à Beaver Creek, treizième à Wengen).

Ce que dit l’entraîneur en chef

Le chef d’équipe Tom Stauffer pourrait aussi décider d’aligner Monney d’emblée avant le premier entraînement de la descente olympique, celui-ci affichant un top 10 de plus que Hintermann et Rogentin. Mais, à l’heure actuelle, de nombreux experts estiment que Monney — deuxième à Kitzbühel et troisième lors de la descente des Championnats du monde l’hiver dernier, en plus de son exploit à Bormio — devrait passer par une phase de qualification face à Hintermann et Rogentin lors des trois entraînements.

«Nous n’avons pas encore pris de décision définitive. Une chose est sûre : la descente de Crans-Montana n’aura aucune influence», précise Tim Stauffer. Une affirmation que le champion olympique de descente Beat Feuz juge parfaitement logique: «La piste de Crans-Montana n’est absolument pas comparable au parcours techniquement très exigeant de Bormio.»

«Ce qui s’est passé l’hiver dernier ne compte plus»

Faut-il, précisément pour cette raison, offrir une place fixe à Alexis Monney, vainqueur à Bormio l’an dernier et réputé pour son énorme bagage technique? L’ancien champion autrichien Fritz Strobl, recordman de la Streif et champion olympique en 2002, n’y croit pas: «Ce qui s’est passé l’hiver dernier ne doit plus jouer un rôle aujourd’hui. Alexis Monney n’a pas répondu aux attentes lors de la saison actuelle, alors que Niels Hintermann a effectué un retour remarquable après son cancer. Stefan Rogentin a lui aussi été très rapide, au moins par séquences. Si j’étais à la tête de l’équipe suisse, j’organiserais une qualification à l’entraînement entre ces trois athlètes.»

Même son de cloche, ou presque, du côté de Carlo Janka, héros olympique des Grisons, champion olympique de géant en 2010 et vainqueur du classement général de la Coupe du monde la même année: «Les conditions à Bormio seront très probablement différentes de celles de la victoire de Monney en décembre 2024. La lumière devrait être meilleure en février et la piste moins glacée. Au vu des résultats récents, je ne vois aucune raison de favoriser Alexis par rapport à Niels et Rogi. À mes yeux, la qualification pour les deux places devrait se jouer lors du deuxième entraînement. Une sélection lors de l’entraînement final n’aurait guère de sens, car le risque de puiser trop d’énergie à la veille de la course serait trop élevé.»

«Stefan Rogentin devrait clairement être plus rapide»

Quel est l’avis de Beat Feuz? «Je pourrais très bien vivre avec le fait que Monney et Hintermann soient alignés d’entrée à Bormio.» Le triple vainqueur du Lauberhorn et du Hahnenkamm estime toutefois que «Rogentin a montré moins de choses que Monney et Hintermann durant cet hiver en descente. Si une qualification devait néanmoins avoir lieu, il ne suffirait pas que Rogentin soit neuvième, Monney dixième et Hintermann onzième lors de l’entraînement décisif. À mon sens, Rogentin devrait être nettement plus rapide qu’Alexis et Niels pour être sélectionné.»

L’expert de Blick et champion olympique Bernhard Russi se prononce lui aussi en faveur d’une qualification, mais pas uniquement basée sur le chronomètre: « Si l’un des trois — Monney, Hintermann ou Rogentin — possède une seconde et demie d’avance lors de la qualification, avant de rater une porte à l’entrée du schuss final, il devrait malgré tout pouvoir prendre le départ. Dans une telle situation, l’appréciation des entraîneurs doit primer sur le temps brut.» Tom Stauffer entend annoncer la décision finale lundi ou mardi.


Articles les plus lus