Le pari risqué de Swiss-Ski
Que se cache-t-il derrière le départ de Stefan Abplanalp?

Stefan Abplanalp est écarté malgré des résultats en hausse. À dix mois des Mondiaux 2027, Swiss-Ski assume un virage risqué en pleine transition.
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Malorie Blanc a fêté sa première victoire en Coupe du monde à Crans-Montana. Stefan Abplanalp s'est joint à la fête. Il doit maintenant quitter son poste.
Photo: JEAN-CHRISTOPHE BOTT
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Mathias Germann

La Coupe du monde marque une pause. Pas le monde du ski. Stefan Abplanalp, entraîneur en chef des femmes en vitesse, est écarté. La fédération justifie cette décision par une «analyse complète de la saison». Elle affirme qu’elle a été prise «conjointement avec Stefan Abplanalp». Ce changement intervient «en vue des prochaines années et du renouvellement générationnel en cours». Son successeur sera Silvan Epp, entraîneur et mari de l’ancienne skieuse Andrea Ellenberger.

Swiss-Ski souhaite conserver l’expertise d’Abplanalp. Il pourrait occuper une nouvelle fonction en interne. De son côté, l'ancien expert de la SRF examine ses options et remercie la fédération pour la collaboration. À première vue, rien d’alarmant. Mais en coulisses, la situation est plus complexe.

Après douze ans, Swiss-Ski avait amorcé un nouveau cycle au printemps dernier avec le groupe de vitesse. Abplanalp devait structurer l’équipe, la mener vers les Mondiaux à domicile de 2027 et préparer la relève. Un an plus tard, l’aventure s’arrête déjà. «Je suis désolé pour Stefan», déclare le directeur alpin Hans Flatscher. Il assure qu’il n’y a pas eu de conflit.

Stefan Abplanalp ici avec Michelle Gisin.

Un élément est clair: les Suissesses qui prennent part aux épreuves de vitesse étaient, sous Abplanalp – en retirant les points des blessées Lara Gut-Behrami et Michelle Gisin – nettement plus performantes que l’hiver précédent. 1235 points contre 817. «Ce n’était pas une question de résultats», précise Flatscher.

Alors, quelle en est la raison?

Il n’y a pas eu de fronde des athlètes, loin de là. Malorie Blanc a remporté sa première course de Coupe du monde et se montrait enthousiaste quant au travail d’Abplanalp. Corinne Suter l’appréciait également et a retrouvé son niveau après sa blessure. Toutes deux ont à plusieurs reprises salué la qualité du travail dans les colonnes de Blick.

Les entraîneurs adjoints ne se sont pas non plus opposés à lui. Mais selon les informations de Blick, le Bernois suivait une ligne différente de celle de la fédération. Il est connu pour son exigence: aucun relâchement, mais davantage de volume et d’intensité. Par ses idées, mais sans doute aussi par sa manière de s’exprimer, l’ancien consultant de la SRF a progressivement suscité des tensions avec sa hiérarchie.

Ce sont surtout les athlètes qui se retrouvent concernées. À dix mois des Mondiaux à domicile, Swiss-Ski procède à un remaniement malgré son discours en faveur de la continuité. Une décision qui comporte des opportunités, mais aussi des risques. Quoi qu’il en soit, la fédération sera jugée sur ce choix.

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