Bras levés. Yeux qui brillent. Sourire gigantesque. Malorie Blanc ne pouvait pas être plus radieuse au moment de monter sur le podium – noir pour l’occasion – du super-G de Crans-Montana. La skieuse d’Ayent, à vingt minutes de route de là, venait de décrocher sa première victoire en Coupe du monde.
«C’est incroyable. Je suis en pilotage automatique», avoue «Malo» dans l’aire d’arrivée. La Valaisanne compare cette sensation à St. Anton, où elle avait signé en janvier 2025 une deuxième place en descente, pour sa deuxième course de Coupe du monde.
Le savoir-faire valaisan
Le scénario est encore plus beau fin janvier 2026, chez elle ou presque, à Crans-Montana. «Ce matin, j’ai quand même pensé: ‘Il y a du soleil, du beau monde, une bonne ambiance, ça va être une chouette journée.' Mais imaginer tout ça, je n’aurais pas pu», s'extasie-t-elle.
Tout ça, c’est d’abord un super-G très solide, avec son dossard No 17. «Je savais que ça allait être une manche avec des fautes, où ça ne serait pas parfait. Donc je me suis dit: 'On s’en fout, on continue.' Sur le bas, ce n’est pas du ski d’école de ski. Mais c’est aussi ça qui me plaît», analyse-t-elle. Un dernier mur de folie a fait rugir de joie les supporters présents des Barzettes, déjà acquis à sa cause.
Mais Malorie Blanc n’a pas pu célébrer de suite. Laura Pirovano, dossard No 20, Breezy Johnson, No 29 et Jacqueline Wiles, No 47, ont fait trembler la skieuse d’Anzère jusqu’au bout. Au final, personne, pas même Sofia Goggia, deuxième, n’aura fait mieux que «Malo» sur le Mont Lachaux. «J’ai pu montrer comment on faisait en Valais, avec du beau temps, de la belle neige et une belle ambiance», sourit la vainqueure du jour.
Une victoire en hommage aux victimes
Une fois sa victoire sécurisée, la «Malomania» a rempli les Barzettes. La nouvelle chouchou du ski valaisan a été fêtée par ses fans. Les «MA-LO, MA-LO», résonneront encore longtemps sur le Haut-Plateau. Ses coéquipières, elles aussi, ont célébré la nouvelle cheffe de file de l’équipe suisse de vitesse. «On est une équipe assez soudée, comme une petite famille. Partager des émotions comme celles-là, c’est exceptionnel», déclare Malorie Blanc.
Une victoire d’exception et des émotions qui dépassent largement le cadre du sport. «C’est la beauté du ski. Le faire à Crans-Montana, c’est une symbolique particulière», lance la vainqueure du jour, qui n’a pas manqué d’avoir un petit geste pour les victimes de la tragédie après avoir franchi la ligne d’arrivée. «Je ne contrôlais pas grand chose. Mais je suis de tout cœur avec les gens, ici ou là-haut», conclut-elle. Sa victoire est, sans doute, le plus bel hommage.