Les quarantaines en cause
Les épreuves de St-Moritz sont gravement menacées

Le nombre élevé de cas et le nouveau variant Omicron pourraient à nouveau déstabiliser le sport en Suisse. Les courses de St-Moritz sont gravement menacées.
Publié: 30.11.2021 à 13:56 heures
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Dernière mise à jour: 30.11.2021 à 14:46 heures
Lara Gut-Behrami sera-t-elle au départ à St-Moritz?
Mathias Germann et Emanuel Gisi

En Engadine, on se réjouit depuis des mois. Dans dix jours, les stars de la vitesse comme Corinne Suter ou Lara Gut-Behrami devraient chausseur leurs skis à St-Moritz. Mais la fête des 11 et 12 décembre prochains est désormais menacée.

L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a placé le Canada sur la liste des pays à risque en raison du nouveau variant Omicron. Tous les voyageurs en provenance de ce pays d’Amérique du Nord doivent être mis en quarantaine pendant dix jours depuis mardi, y compris les skieuses qui participeront à la Coupe du monde ce week-end à Lake Louise (CAN). Concrètement, cela signifie que pratiquement toute la Coupe du monde féminine devrait être suspendue pendant une semaine et demie. Or, il n’y a que six jours entre le super-G de dimanche à Lake Louise et la première course du 11 décembre à St-Moritz. Il n’est pas nécessaire d’avoir un Master en mathématiques à l’EPFL pour comprendre que la course est compromise.

«Si tout le monde doit être mis en quarantaine pendant dix jours, personne ne pourra partir»

«Cela ne s’annonce pas bien, déclare à Blick Jürg Capol, directeur marketing de la Fédération internationale de ski (FIS). Si l’on regarde les conditions de l’OFSP, le cas est en fait clair. Il faudrait oublier oublier St-Moritz. Si les skieuses doivent être mises en quarantaine pendant dix jours, personne ne pourra skier.»

Le chef du comité d'organisation de St-Moritz, Martin Berthod, croise les doigts.

Mais l’espoir n’est pas encore tout à fait mort. Depuis 11 heures, le chef du comité d’organisation de St-Moritz, Martin Berthod, se réunit avec les dirigeants de Swiss Ski et de Swiss Olympic. Le thème de la réunion: comment les courses peuvent-elles encore être sauvées? Y a-t-il une chance d’obtenir une autorisation exceptionnelle? Jürg Capol, membre de la FIS, voit des arguments en faveur d’une telle solution: «En Coupe du monde, les skieurs sont dans une bulle, ils sont testés tous les deux jours. Tous les athlètes qui ont couru au Canada sont doublement vaccinés en raison des exigences des autorités sanitaires canadiennes. Nous pouvons documenter tout cela et l’offrir comme garantie. Nous essayons de regarder tout cela avec l’OFSP.»

L’OFSP recommande «d’autoriser avec retenue»

Avec un régime de tests Covid avant le départ, après l’atterrissage et 24 heures plus tard, il pourrait éventuellement y avoir une solution, croit Jürg Capol. «Mais les chances… Il m’est impossible de le dire.» Le chef de St-Moritz, Martin Berthod, a déjà envisagé de faire venir la Coupe du monde par un vol spécial depuis le Canada.

Pour l’instant, le cas est clair du point de vue des autorités. «L’OFSP recommande aux cantons d’autoriser avec beaucoup de retenue les exceptions à la quarantaine, par exemple dans le domaine du sport», répond l’OFSP à une question du Blick. Des échanges sont en cours avec les organisations concernées.

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Sacrifier St-Moritz pour sauver la saison

Un des pires scénarios est que St-Moritz soit annulé. «Bien que ce ne soit peut-être pas le pire des cas, souligne Jürg Capol. Si nous devons interrompre la Coupe du monde pendant une semaine pour pouvoir ensuite avoir une saison normale en Europe, c’est peut-être même la meilleure situation compte tenu de l’actualité. Pour l’instant, il s’agit de réduire les dégâts.» St-Moritz devrait alors être sacrifié pour sauver le reste de la saison.

Beaucoup de choses restent donc ouvertes en ces heures. Une chose est sûre: en coulisses, les organisateurs, les fonctionnaires, les autorités de sécurité et les fonctionnaires de la santé se battent pour savoir comment les choses vont évoluer. Et peut-être que tout sera déjà différent dans l’après-midi: le Conseil fédéral tiendra alors sa réunion de crise et pourrait encore une fois complètement redistribuer les cartes.

Au niveau de la piste, les acteurs sont en tout cas prêts puisque la FIS a annoncé mardi matin que les épreuves pourront avoir lieu, tout du moins au vu des conditions de la neige.

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