«Les choses vont s'aligner»
Tanguy Nef plus que mûr pour un premier podium à Adelboden?

Après être passé «tout près» à Madonna di Campiglio, Tanguy Nef semble paré pour obtenir son premier podium en Coupe du monde. Dès dimanche sur le Chuenisbärgli? Si tout s'aligne.
1/2
Tanguy Nef a longtemps cru au podium à Madonna di Campiglio.
Photo: keystone-sda.ch
Thomas Freiburghaus

Depuis le temps qu’il tourne autour. Depuis le temps que journalistes et proches lui en parlent. Depuis la saison dernière, Tanguy Nef semble toucher son premier podium en Coupe du monde du bout des doigts.

Mercredi, à Madonna di Campiglio, il a signé le 17e top 10 de sa carrière. Le neuvième depuis Adelboden, l'an dernier. Le Genevois se rapproche. Surtout, il a trouvé depuis la saison passée une constance qu’on ne lui connaissait pas. Il skiait vite à l’entraînement, il skie désormais tout aussi rapidement en course.

Bon résultat à Madonna

En témoigne sa deuxième place après la première manche, seulement devancé par Eduard Hallberg, le prodige finlandais. «En première manche, je me suis vraiment senti libéré», replace-t-il. Moins aérien sur le second tracé, le Genevois a finalement terminé au dixième rang. «C’était moins optimal pour moi. Et je n’étais pas tout à fait dans la bonne attitude. J’ai su que des coéquipiers étaient partis à la faute, j’ai skié un peu crispé.»

Une dixième place finale qui lui procure forcément des sentiments mitigés. «Pour les téléspectateurs, c’est sûrement un peu frustrant. Ils n’ont pas l'habitude de ne pas voir de Suisses sur le podium, rigole, ironique, Tanguy Nef. Mais le résultat n’est pas mauvais en soi.» Dans la continuité, il continue aussi d'engranger de la confiance.

«Saisir le moment»

Pour le Veyrite, il s'agit surtout de savoir doser le risque: «savoir prendre des risques quand il faut, et de ne pas en prendre quand il ne faut pas.» Une capacité qui vient avec l’expérience, donc. «Je commence à être habitué à gérer la pression, je me suis raté assez de fois (rires)».

À Madonna di Campiglio, il a jugé nécessaire de marquer de bons points, de ne pas prendre tous les risques en deuxième manche, contrairement à un Clément Noël, habitué de la victoire et n'ayant rien à perdre, ni à prouver.

«À la fois on a envie de jouer. Mais il faut aussi être patient, réaliste. Les choses se sont pas alignées à Campiglio. Mais je reste très positif et motivé pour la suite. Les choses vont mieux s’aligner. Je dois saisir le moment quand il va se présenter», analyse Tanguy Nef.

Le premier podium sur le Chuenisbärgli?

Et ce moment pourrait bien arriver dès dimanche, à l'occasion du slalom d'Adelboden. Tout devra s'aligner. La première condition, avoir un bon dossard est remplie, puisque le Genevois s'élancera pour la première fois de sa carrière parmi les sept meilleurs. «Si je pars dans le top 7 à Adelboden, c’est parce que j’ai été constant les deux dernières saisons, explique-t-il. C'est un dossard qui change beaucoup de choses. C'est l'entrée dans la cour des grands. Il va falloir mettre des briquettes.»

Ensuite, Tanguy Nef souhaite que les conditions soient bonnes, évidemment. Et que ses skis soient parfaitement préparés pour skier sur la neige fraîche qui tombe à Adelboden. Et enfin: l’atmosphère. «C’est un sentiment unique, un honneur en tant que Suisse de skier ici, confie-t-il. On est soulevés par le public, dans ce dernier mur. Automatiquement, on a envie d’attaquer dans la pente et de briller.»

Si les conditions météorologiques le permettent, tout semble donc réuni pour lui. Sinon, les questions pressantes des journalistes et des proches continueront d'affluer jusqu'à Wengen.

Articles les plus lus