«Je suis un crétin!» À l’arrivée du super-G de Wengen, Franjo von Allmen se prend immédiatement la tête. Tous les spectateurs comprennent pourquoi: l’erreur commise après le Hundschopf agace le Bernois de l’Oberland.
Face aux médias, Franjo von Allmen ne se montre pas plus indulgent envers lui-même. «Aujourd’hui, j’ai fait une erreur», reconnaît-il. Sa voix ne trahit pourtant aucune frustration. Quelques instants plus tard, il relativise: «Un podium n’est jamais acquis. Ici, à Wengen, c’est très spécial. De ce point de vue-là, je suis très content.»
Si le podium est resté possible malgré cette faute, c’est grâce à «l’agressivité dans le ventre», comme il le dit lui-même. «La sortie de trajectoire au Canadian Corner n'était nécessaire. C’est le genre de chose qui arrive et que l’on veut ensuite compenser», explique le quadruple vainqueur en Coupe du monde.
Marco Odermatt voulait aller encore plus vite que d’habitude
Vainqueur du super-G de Wengen en 2022, Marco Odermatt échoue cette fois au pied du podium. Il a tenté d’aborder le S de Brüggli de manière encore plus directe et rapide que ces dernières années. Un passage pourtant taillé sur mesure pour le leader du classement général de la Coupe du monde, mais qu’il ne réussit pas comme il l’espérait ce vendredi. Marco Odermatt déclenche son virage légèrement trop tard.
Il explique à Blick: «J’ai pris beaucoup de risques et voulu attendre encore davantage. Mais si tu attends ne serait-ce que deux centièmes de trop, la ligne ne fonctionne plus.»
Beat Feuz calme les attentes autour des Suisses
Triple vainqueur du Lauberhorn, Beat Feuz est néanmoins convaincu que cela n’empêchera pas Marco Odermatt, également triple vainqueur de la descente de Wengen, de skier très vite samedi.
En revanche, la prestation d’Alexis Monney le laisse plus perplexe. «Il n’a vraiment pas bien skié aujourd’hui», constate Beat Feuz. Le Fribourgeois ne cherche d’ailleurs pas à pointer des erreurs isolées après sa 19e place: «C’était une grosse erreur du haut en bas», admet-il.
Alors que certains fans quittent l’aire d’arrivée avec un léger sentiment de déception, Beat Feuz dresse malgré tout un bilan positif pour l’équipe suisse. «Au final, grâce à Stefan Rogentin, il y a quand même trois Suisses dans le top 7. Et si Rogi n’avait pas commis ces deux petites erreurs, il serait immédiatement plusieurs places devant», analyse-t-il pour Blick.
Beat Feuz prend également la défense des Suisses partis avec des dossards élevés: «Pour eux, c’était tout simplement difficile, car la lumière devenait de plus en plus mauvaise.»
Le champion du monde de descente 2017 tempère encore les attentes: «Il faut parfois savoir lever un peu le pied. La saison dernière était fantastique, on ne peut pas toujours faire mieux. Les adversaires ne dorment pas, on l’a bien vu aujourd’hui.»
Les stars du ski suisse auront toutefois rapidement l’occasion de se rattraper lors de la descente de samedi. Pragmatique, Franjo von Allmen conclut: «J’essaierai de faire mieux demain avec les conneries que j’ai accumulées aujourd’hui — et de retenir les bonnes choses.»