La dernière tendance de la FIS déclenche la plus grande controverse de l’hiver olympique. L’ancien vainqueur de Kitzbühel et d’Adelboden, Hans Knauss, soutient la volonté des décideurs de la Fédération internationale de ski de préparer les pistes de Coupe du monde avec moins d’eau.
«Si les pistes contiennent moins de glace, les athlètes et leurs équipes règleront leur matériel de manière moins agressive», explique l’Autrichien. «Une conséquence réjouissante pourrait être une diminution du nombre de chutes graves.»
Felix Neureuther met en garde
À l’opposé, Felix Neureuther, véritable pape du ski allemand et auteur de 13 victoires en Coupe du monde, tire la sonnette d’alarme.
«Lors du slalom féminin de Coupe du monde à Semmering, il y a eu un nombre excessif d’abandons parce que la piste avait été préparée avec trop peu d’eau», rappelle-t-il. «La base était tellement mauvaise que la piste s’est désagrégée lorsqu’une importante quantité de neige fraîche est tombée quelques jours avant la course.»
Adelboden reste fidèle à sa philosophie
À Adelboden, on ne se laisse pas impressionner par la nouvelle ligne prônée par la FIS. Toni Hari, chef de piste du Chuenisbärgli depuis plus de trente ans, a suivi à la télévision le slalom peu glorieux de Semmering.
«À Adelboden, nous avons évidemment l’ambition de proposer une piste bien meilleure qu’à Semmering pour nos courses de Coupe du monde», constate-t-il.
Malgré la tendance actuelle, le paysan de montagne ne dévie pas de sa méthode. Cet hiver encore, Hari a utilisé autant d’eau que nécessaire afin que la piste, notamment dans la raide pente finale, soit dure et compacte.
Le chef de course, Christian Höflehener, ancien entraîneur d’Hermann Maier, salue ce choix. «À Adelboden, nous avons trouvé ces dernières années, sans exception, une piste de très haut niveau, même lorsque les températures étaient trop élevées et que la neige faisait défaut.»
Höflehener va encore plus loin dans ses éloges: «Les habitants d’Adelboden disposent d’un savoir-faire immense en matière de préparation des pistes. C’est pour cela que je trouve formidable qu’ils ne se laissent influencer par personne et qu’ils restent fidèles à leur concept.»
Des prévisions météo préoccupantes
Malgré une piste du Chuenisbärgli en parfait état quelques jours avant le slalom géant prévu samedi, les organisateurs gardent un œil inquiet sur le ciel. Les météorologues annoncent en effet d’importantes chutes de neige pour le week-end.
La saison dernière, le programme avait dû être inversé: le slalom avait été avancé au samedi et le géant repoussé au dimanche en raison d’une visibilité trop mauvaise dans la partie supérieure.
Un scénario similaire est-il à craindre cette année? Pour l’instant, Tom Stauffer, entraîneur en chef de Swiss-Ski, n’y croit pas. «Les prévisions actuelles annoncent encore plus de neige pour dimanche que pour samedi. Dans ces conditions, un changement de programme n’aurait absolument aucun sens à ce stade.»