Le ski vers une réforme?
Le boss de Swiss-Ski s'agace: «Ce système de points est une farce»

La Coupe du monde de ski a-t-elle un problème avec ses listes de départ? Le patron de Swiss-Ski, Walter Reusser, est en tout cas très agacé par la situation actuelle. Pour lui, la Fédération internationale de ski (FIS) doit changer quelque chose. Et vite!
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Sandro Zurbrügg vient de briller en Coupe d'Europe, mais il a été victime de son numéro de dossard élevé lors du géant de Coupe du monde d'Adelboden.
Photo: keystone-sda.ch
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Marcel W. Perren

Walter Reusser occupe une place particulière dans la carrière de la superstar Marco Odermatt. Au printemps 2010, alors qu’il était chef de course chez Stöckli, l’Emmentalois d’origine avait engagé un certain «Odi», âgé d’à peine 13 ans, sur recommandation du responsable de la relève Richi Grab.

Aujourd’hui, Walter Reusser partage la fonction de CEO de Swiss-Ski avec le Grison Diego Züger. Et même si Marco Odermatt a signé samedi sa 51e victoire en Coupe du monde au Chuenisbärgli, le patron du ski suisse a quitté Adelboden avec un sentiment mitigé. En slalom, il espérait clairement davantage de ses athlètes. En slalom, il a surtout ressenti une certaine amertume pour Sandro Zurbrügg.

«Avec le dossard 59, Sandro n’avait aucune chance dans des conditions rendues de plus en plus difficiles, tout comme Fadri Janutin avec le numéro 57», assure Walter Reusser.

À ses yeux, le jeune skieur de Frutigen a été l'une des victimes du système de points de la FIS, mal foutu selon lui. «Sandro a remporté avec une grande autorité un géant de Coupe d’Europe il y a quatre semaines. Et il doit s’élancer en Coupe du monde avec un dossard au-delà de 50. C’est une preuve supplémentaire que ce système de points est une farce totale.»

«Les skieurs confirmés sont trop protégés»

Que veut dire Walter Reusser par là? «Les skieurs installés sont protégés beaucoup trop longtemps. Ils peuvent accumuler les mauvais résultats en Coupe du monde avant de sortir enfin du top 30 sur la liste de départ.»

L’ancien président de Swiss-Ski et actuel CEO de la FIS, Urs Lehmann, partage ce constat. «J’ai déjà dit il y a des années que ce mode de calcul des points n’était pas bon. Je me souviens du cas de Michel Brügger, skieur d’Adelboden, qui avait remporté cinq courses FIS sans pour autant disposer d’assez de points pour intégrer l'effectif de Swiss-Ski. Une situation pareille ne devrait pas exister.»

Le champion du monde de descente 1993 va encore plus loin: «Aujourd’hui, nous avons sept systèmes de points différents: la Coupe du monde, la Coupe d’Europe, la Coupe d’Amérique du Nord, celle d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Océanie et les courses FIS. Il faudra bien, un jour, arriver à un système unique.»

Urs Lehmann reste toutefois réaliste: une telle réforme ne verra pas le jour avant 2030 au plus tôt. «Il nous faudra plusieurs années pour élaborer un système vraiment fiable. Et logiquement, une saison de tests sera également nécessaire.»


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