À l’automne, Dania Allenbach a terminé son apprentissage de poseuse de revêtements de sol avec la note de 5. «Les examens ne se sont pas passés exactement comme je l’espérais, mais au final je suis satisfaite», explique la jeune skieuse de 19 ans originaire de Gstaad (BE).
L’hiver, lui, lui a offert de bien meilleures notes — du moins aux yeux des spécialistes du ski. Elle a même dépassé les attentes. En Coupe d’Europe, elle est montée trois fois sur le podium, dont une victoire. Et en Coupe du monde, elle a marqué des points dès ses deux premières apparitions. «Je ne m’étais pas fixé d’objectifs précis avant la saison. Je voulais simplement donner le maximum. Je suis très reconnaissante que tout se passe aussi bien, car je ne m’y attendais pas», confie-t-elle.
Aux championnats du monde juniors de Narvik, en Norvège, elle a terminé quatrième du super-G et a décroché le bronze dans le combiné par équipes. En géant, elle pointait à la troisième place après la première manche avant de finalement reculer au douzième rang. Une déception, certes, mais qui fait partie de l’apprentissage. Et qui ne ternit pas l’impression générale très positive.
Des cheveux pour les enfants malades
Une nouvelle médaille n’est d’ailleurs pas sa principale préoccupation du moment. Dania Allenbach est sur le point de remporter le classement du slalom géant en Coupe d’Europe. Elle est déjà assurée d’obtenir une place fixe en Coupe du monde la saison prochaine. «C’est très important pour moi. Cela me donne de la sécurité et me permet de progresser pas à pas, analyse-t-elle. Et en plus, la Suisse gagne une place supplémentaire en Coupe du monde.»
Fille d’agriculteurs de l’Oberland bernois, Dania Allenbach ne se distingue pas seulement sur les pistes. En dehors aussi, elle montre un bel état d’esprit. Elle fait régulièrement don de ses cheveux coupés pour fabriquer des perruques destinées aux enfants atteints de cancer. «Ma tante est coiffeuse et elle les récolte pour cela. Je participe volontiers. Et je ne veux rien recevoir en échange», explique-t-elle en tout simplicité.
L’inspiration Odermatt
Ses championnats du monde juniors sont désormais terminés — les deuxièmes pour elle, et probablement les derniers, même si elle pourrait encore participer deux fois à la compétition. Dès samedi, elle retrouvera la Coupe du monde à Åre, en Suède, pour un géant. Ensuite, place aux finales de Coupe d’Europe à Saalbach, en Autriche.
Durant son enfance et depuis qu'elle évolue dans l'antichambre de la Coupe du monde, Dania Allenbach n’a jamais eu d’idole. «J’essaie de m’inspirer de tout le monde.» Mais Marco Odermatt reste tout de même une référence et pas seulement sur les skis. «Il est authentique et il dit ce qu’il pense. C’est quelque chose que j’essaie aussi de faire. Peut-être que je dirai parfois une bêtise devant la caméra. Mais si tout le monde était pareil, ce serait quand même assez ennuyeux.»
À Narvik, Sue Piller (20 ans) est elle aussi passée tout près d’une médaille. Deuxième après la première manche, elle a finalement reculé à la 25e place après une faute. La meilleure Suissesse de la course reste Shaienne Zehnder (20 ans), quatrième à seulement neuf centièmes du bronze.