Trois bonnes semaines se sont écoulées depuis les JO. Plus précisément: 24 jours. Et voilà que Camille Rast retrouve la Coupe du monde, après avoir digéré les émotions liées à sa médaille d'argent en slalom.
«Cette pause m’a fait du bien. J’ai profité du temps passé avec ma famille et mes amis. Maintenant, j’ai de nouveau de l’énergie», explique la Valaisanne de 26 ans. Une énergie dont elle aura besoin, elle qui vise le globe de cristal du géant.
À deux courses de la fin de la saison, elle accuse toutefois 89 points de retard sur l’Autrichienne Julia Scheib. Un écart conséquent, mais Camille Rast ne serait pas elle-même si elle n’affirmait pas: «Tout est possible.»
Les défis ne lui font pas peur. La pression ne la paralyse pas, au contraire: elle la transcende. Remporter le globe serait un rêve.
Avant le slalom géant d’Åre (Suède), elle préfère néanmoins rester mesurée: «Avant l’hiver, mon objectif était de terminer dans le top 7 du classement de la discipline. Je l’ai atteint assez facilement.» Et les chiffres le confirment. Avec deux deuxièmes places et une victoire, Camille Rast a dépassé ses propres attentes. «Tout ce qui vient maintenant, c’est du bonus.»
Son mentor toujours à ses côtés
La Valaisanne s’est offert une semaine de pause après les Jeux olympiques. Elle en a profité chez elle, à Vétroz, où de nombreux enfants sont venus la féliciter. Elle a ensuite enchaîné avec un bloc de préparation physique, puis trois jours d’entraînement à Vercorin. Et son entraîneur Denis Wicki se tenait à ses côtés.
Denis Wicki? Parfaitement. Contrairement à ce que beaucoup pensaient, son mentor n’a pas tiré sa révérence après Cortina. Il reste sous contrat avec Swiss-Ski jusqu’à la fin avril.
«Denis ne se rend plus sur les courses, mais il continue de travailler avec l’équipe. Cela lui permet d’opérer une transition en douceur vers la retraite», explique le directeur alpin Hans Flatscher. «C’est convenu ainsi — et nous en sommes ravis.» Son successeur n’a d'ailleurs pas encore été désigné.
Un pouce qui dérange
Camille Rast est néanmoins bien entourée à Are. Une seule chose la gêne : son pouce gauche. Rien de cassé, mais les ligaments sont légèrement touchés. «Je ne pourrai enlever l’attelle qu’après la saison», précise-t-elle.
En slalom, la blessure est plus gênante. «Là, le pouce ne m’aide clairement pas.» En géant, en revanche, l’impact reste limité.
«La dérive est très forte à Åre»
Camille Rast peut-elle réduire l’écart sur Julia Scheib en Suède La piste relativement plate ne favorise ni l’une ni l’autre. En neuf départs à Åre, la Valaisanne n’a jamais fait mieux qu’une huitième place. Julia Scheib, de son côté, n’a jamais dépassé la sixième position en trois géants.
L’ancienne spécialiste du géant Sonja Nef, triple vainqueure sur la Störtloppsbacken, connaît parfaitement les lieux. «La dérive est très forte à Åre. Il faut skier d’arête en arête et attaquer chaque virage à fond. Si tu y parviens, tu ressens des sensations incroyables. »
Camille Rast comme Julia Scheib possèdent justement ce style direct et agressif. Toutes deux skient actuellement à un niveau impressionnant.
«Il y aura sans doute un peu de neige de printemps», glisse la Vétrozienne. «Mais c’est aussi agréable de temps en temps.»
Denis Wicki, Hans Flatscher, Sonja Nef — et de nombreux fans de ski suisses — espèrent désormais voir la Valaisanne briller une dernière fois avant la fin de saison.