«Ça fait plus mal que prévu»
Alessio Miggiano, victime de la sélection olympique serrée

Alessio Miggiano, prodige du ski suisse, impressionne cet hiver. Malgré son premier Top 5 en Coupe du monde, cela n'a pas été suffisant pour les Jeux olympiques.
1/7
Le talent suisse de vitesse (à droite) n'ira pas aux Jeux d'hiver 2026.
Photo: Sven Thomann
RMS_Portrait_AUTOR_1182 (1).JPG
Marcel W. Perren

La pépite du ski suisse Alessio Miggiano (23 ans) regrette peut-être un peu sa nationalité. S’il était Autrichien, il serait presque assuré de prendre le départ de la descente olympique. Cet hiver, en Coupe du monde, parmi l'équipe d'Autriche, seul le vétéran Vincent Kriechmayr a obtenu de meilleurs résultats que le jeune skieur suisse.

Mais Alessio Miggiano est originaire de l’Oberland zurichois et fait partie des joyaux de Swiss Ski. Depuis lundi, il est officiel qu’il n’a pas été retenu pour les Jeux olympiques. Et ce, bien qu’il ait pleinement rempli les critères de sélection, grâce à sa cinquième place à Val Gardena. Le fils d’un chef cuisinier étoilé originaire du sud de l’Italie reste donc à quai.

Il y a des raisons à cette décision. Mais la non-sélection de Miggiano n’en demeure pas moins difficile à accepter.

«Je voulais réaliser ce rêve d'enfant»

Le principal problème d'Alessio Miggiano tient au quota limité des Suisses. Le chef d’équipe, Tom Stauffer, n’a pu inscrire que onze athlètes auprès du CIO. Or, au sein de Swiss Ski, ils sont précisément onze à avoir livré des performances plus constantes que Miggiano. Résultat: le jeune skieur ne se rendra pas en février en Italie pour le plus grand événement sportif du monde, mais à Sarajevo, où l’attendent des courses de Coupe d’Europe.

«Je dois admettre que l’annonce de ma non-sélection pour les Jeux olympiques m’a fait plus mal que je ne l’aurais pensé», confie Alessio Miggiano à Blick par téléphone. «Jusqu’à la semaine dernière, je n’y pensais pas vraiment ; toute mon attention était tournée vers la Coupe du monde.» Puis, peu à peu, la réalité s’est imposée. «J’ai compris que j’étais tout près d’obtenir mon billet pour les JO d’hiver. Bien sûr que je voulais absolument réaliser ce rêve d’enfant.»

Une procédure à revoir

Vitus Lüönd, entraîneur de groupe de Miggiano, partage la déception de son protégé: «J’aurais certes sélectionné exactement les mêmes athlètes que Tom Stauffer, mais c’est malgré tout un coup de massue lorsqu’un athlète comme Alessio ne peut pas participer aux Jeux olympiques.»

Selon le coach, la procédure devrait être adaptée: «Le système devrait prévoir qu’un coureur classé dans le top 10 en Coupe du monde soit automatiquement sélectionné.»

Même l'entraîneur en chef autrichien a de la compassion

Même du côté autrichien, les critiques se font entendre. Lors de la semaine du Lauberhorn, l’entraîneur en chef autrichien, Marko Pfeifer, s’est publiquement exprimé en faveur d’une réforme des quotas olympiques: «Alors que les Suisses disposent d’un tel réservoir d’athlètes de haut niveau, Tom Stauffer ne peut lui aussi nommer que onze athlètes. C’est totalement absurde. Tout cela doit être repensé.»

Pour Alessio Miggiano, ce soutien venu d’Autriche arrive trop tard. Le talent de Bubikon devra patienter quatre ans avant d’espérer une nouvelle chance olympique. En attendant, il aura l’occasion de faire parler sa vitesse dès dimanche prochain. La descente à domicile de Crans-Montana est au programme.

Articles les plus lus