Du point de vue suisse, le slalom de Wengen a laissé un goût contrasté. Tandis que Loïc Meillard franchit la ligne d’arrivée la tête basse, son coéquipier Matthias Iten rayonne. Tous deux terminent dans le top 10, mais leurs états d’âme ne pourraient pas être plus opposés.
Sensationnel deuxième après la première manche, derrière le futur vainqueur Atle Lie McGrath, Loïc Meillard recule au quatrième rang lors du run décisif. Un résultat solide, certes, mais insuffisant à ses yeux. Et il ne cherche pas à masquer sa déception.
«La deuxième manche a été difficile, je n’ai tout simplement pas bien skié. Je n’ai jamais trouvé le rythme ni la bonne trajectoire», lâche-t-il à Blick. «Avec une course comme celle-là, un podium n’aurait pas été mérité.»
Le Valaisan d'origine neuchâteloise n’est donc pas surpris de voir son chrono s’illuminer en rouge à l’arrivée. «Le sentiment était vraiment mauvais. Je savais que ce n’était pas une bonne course.»
«Le public à l’arrivée m’a porté»
Changement total d’atmosphère du côté de Matthias Iten. Le Zougois, auteur à Val d’Isère du premier top 10 de l’histoire de son canton, s’élance en 23e position lors de la deuxième manche… et offre un véritable récital.
Auteur du meilleur temps du run, il remonte jusqu’à la sixième place, marque pour la troisième fois des points en Coupe du monde et valide au passage les critères de sélection pour les Jeux olympiques. «C’est incroyable de réussir une manche comme celle-là ici, à Wengen, devant son public», savoure-t-il.
Si certains rêvent déjà de podium, Matthias Iten garde les pieds sur terre. «Les plus rapides étaient trop loin. Mais je savais qu’il y avait des places à gagner, car les écarts étaient faibles derrière.»
Il peut surtout être fier de son dernier secteur. «L’entraîneur m’avait dit à quel point il était bon. J’ai attaqué à fond, et le public à l’arrivée m’a vraiment porté.»
Matthias Iten n’a jamais renoncé malgré son dos
Le responsable de la vitesse masculine chez Swiss-Ski, Tom Stauffer, se montre lui aussi dithyrambique.
«C’est une évolution logique. On savait qu’il avait cette capacité à mettre les gaz», souligne-t-il. Et d’ajouter: «Il n’a jamais désespéré. Depuis qu’il a maîtrisé ses problèmes de dos, il peut s’entraîner normalement. Et quand on s’entraîne plus, la confiance revient. Il faut rester calme et continuer à travailler. Quand la vitesse est là, les résultats finissent par suivre.»
Car la carrière de Matthias Iten aurait très bien pu s’arrêter prématurément. Ses problèmes de dos l’ont freiné durant des années. En 2020/21, il n’a disputé que quatre courses, miné par la douleur.
«J’ai un disque intervertébral lombaire qui manque de liquide. En cas de surcharge, ça devient problématique. J’ai pensé plusieurs fois à arrêter», confie-t-il. Mais les bons résultats l’ont toujours convaincu de continuer. À Wengen, il en récolte la plus belle récompense jusqu’ici. Sans médaille, mais avec le sourire éclatant d’un vainqueur.