Elle domine la Coupe du monde de descente
L'entraîneur de Lindsey Vonn dévoile le secret du retour réussi de l'Américaine

Lindsey Vonn brille par sa constance. L'Américaine est même en tête de la Coupe du monde de descente, une performance impressionnante à 41 ans. Son objectif? L'or olympique - mais sa carrière devrait ensuite s'arrêter définitivement.
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Lindsey Vonn skie de succès en succès. Et ce, à 41 ans, avec une prothèse partielle au genou. Comment fait-elle?
Photo: keystone-sda.ch
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Mathias Germann

Lindsey Vonn 50e, à 3’’30 de la première place? Impossible, même à 41 ans.

Et pourtant, c’est exactement ce qui s’est produit il y a une semaine à Zauchensee (Autriche). Certes, seulement à l’entraînement. La principale intéressée s’en expliquait alors sans détour: « À partir de maintenant, je ne prends plus de risques à 100%. Je veux simplement franchir la ligne d’arrivée et rester en bonne santé. Les Jeux olympiques de février seront décisifs.» Puis, sourire en coin: «J’espère que je suis devenue plus intelligente avec l’âge.»

Place ensuite à la course. Et là, Lindsey Vonn devance tout le monde. Victoire. La 84e de sa carrière en Coupe du monde. Plus que deux succès avant de rejoindre la légende Ingemar Stenmark (86). Mais qu’en est-il de ce risque qu’elle affirme ne plus vouloir prendre?

«Des risques raisonnables»

Aksel Svindal sourit lorsqu’on l’interroge. Le Norvégien est l’entraîneur de Lindsey Vonn depuis l’été dernier — et un entraîneur à succès. «Lindsey skie avec des risques raisonnables. Elle est bien mieux sur ses skis qu’avant sa pause de six ans. Beaucoup plus stable. C’était exactement l’objectif de notre préparation», explique-t-il. Et d’insister: «Elle ne doit plus se mettre en danger inutilement. Les Jeux olympiques sont son grand objectif.»

Le paradoxe, c’est que Lindsey Vonn est aujourd’hui plus rapide que jamais, tout en prenant moins de risques. Peu importe la neige, la météo ou le tracé. Ses résultats cet hiver parlent d’eux-mêmes: 1re, 2e, 4e, 3e, 3e, 1re. Elle domine le classement de la Coupe du monde de descente avec 129 points d’avance.

Une fin de carrière déjà programmée

«Au départ, Lindsey voulait arrêter après Cortina. Puis elle m’a dit qu’elle irait jusqu’à la finale de la Coupe du monde», raconte Aksel Svindal. L’idéal? Conclure cette seconde carrière par une médaille d’or olympique et un globe de cristal. Mais serait-il vraiment logique de s’arrêter ensuite?

«Je lui ai récemment demandé: 'Qu’est-ce que tu feras l’année prochaine?'», confie le Norvégien. Réponse sans ambiguïté: elle arrêtera à 100%. «Il n’y aura pas d’autre hiver. »

Les (rares) faiblesses de Lindsey Vonn

La prothèse partielle du genou droit ne pose aucun problème. Bien au contraire. «Aujourd’hui, c’est même le genou gauche qui est le plus fragile», révèle Aksel Svindal. Dans les virages, la différence est à peine perceptible. «C’est là qu’elle fait la différence. En revanche, en glisse pure, certaines skieuses sont meilleures — trois ou quatre Autrichiennes, notamment.»

Une critique de très haut niveau. Car le constat reste implacable: Lindsey Vonn a la classe, l’expérience et une vitesse de base impressionnante. «Elle est aussi extrêmement forte physiquement et pleine de confiance», souligne son entraîneur.

Poursuivra-t-elle sa série à Tarvisio (Italie)? La dernière fois qu’elle s’y est imposée remonte à… quinze ans. Aucune de ses adversaires actuelles n’était alors en activité. Aksel Svindal conclut, admiratif: «Ce que fait Lindsey est impressionnant. Tout simplement!»

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