Elle a retrouvé la confiiance
Corinne Suter a utilisé la botte secrète de Marco Odermatt: le carnaval!

Freinée par une fracture au pied et des douleurs persistantes, Corinne Suter a vécu de nombreuses frustrations. Désormais libérée physiquement et mentalement, elle retrouve vitesse et confiance. Et a imité Marco Odermatt sur un point très particulier.
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Corinne Suter peut à nouveau rayonner: Elle a tiré les bonnes leçons après les Jeux olympiques.
Photo: Sven Thomann
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Mathias Germann, Benjamin Soland et Sven Thomann

Un coup franc à 18 mètres. À la 93e minute, juste à l’entrée de la surface, alors que le score est de 0-0. Si tu trouves la lucarne, ton équipe est championne. Supporteras-tu la pression? On peut rêver. Mais que se passe-t-il si ton pied fort te fait mal depuis des semaines – malgré les antidouleurs?

La force et le toucher, cet équilibre indispensable à la réussite, se dérèglent. Le ballon ne finit pas en pleine lucarne, mais dans le mur ou en tribune.

À première vue, cela n’a rien à voir avec Corinne Suter. À y regarder de plus près, pourtant, le parallèle est évident. La Schwytzoise de 31 ans est revenue aux Jeux olympiques après une fracture au pied. L’os était consolidé, mais la douleur persistait. Elle a skié sous antidouleurs.

«On ne peut plus rien casser, tout le monde m’a donné le feu vert», expliquait-elle avant la descente. Corinne Suter pensait maîtriser la situation. Mais elle ajoutait aussi: «Le but n’est pas de devoir skier ainsi en permanence. Je ne veux pas continuer comme ça.»

Le déclic viendrait. Mais quand?

Les résultats, eux, n’ont surpris personne: 14e en descente, 9e en combiné par équipes, 11e en super-G. Dans ces conditions, sur une piste exigeante dont les nombreux sauts étaient un supplice pour son pied, elle ne pouvait guère espérer mieux. Corinne Suter skie au feeling. Sans confiance totale, il manque toujours ce petit quelque chose. À Cortina, son constat restait mesuré: «Je ne dois pas trop réfléchir. Je sais de quoi je suis capable.» Elle sentait que le déclic arriverait. Restait à savoir quand.

Il s’est produit à Soldeu, en Andorre. Victoire en descente, puis 3e et 4e en super-G: Corinne Suter est repartie à l’attaque. La raison est simple: «Je suis à nouveau totalement libérée de la douleur et ma confiance est revenue.»

De quoi aborder Val di Fassa avec ambition. Dans le Trentin, un nouveau week-end de vitesse l’attend. Il y a cinq ans, Corinne Suter y était montée trois fois sur le podium, sans parvenir à s’imposer. Peut-être est-ce pour maintenant. La piste, avec ses mouvements de terrain, ses sauts et ses longues courbes rapides, correspond parfaitement à la championne olympique 2022.

Son retour au sommet ne tient pas seulement à son physique. Après les Jeux, la Schwytzoise a changé d’approche. Avant, elle avait tendance à trop cogiter. Désormais, elle s’appuie sur ses forces. Elle s’est aussi offert une parenthèse loin du cirque blanc, à l’image de la superstar Marco Odermatt. Comme lui, elle est allée au carnaval. «J’ai imité Odi», glisse-t-elle en souriant.

Avec la gueule de bois vers la victoire tant attendue? Bien au contraire. En mars, Corinne Suter n’affiche aucune lassitude. Elle savoure le soleil, la neige et sa forme retrouvée. Elle est enfin de retour.

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