Contre toute attente, le sélectionneur autrichien du ski alpin masculin, Marko Pfeifer, prend la défense des Suisses dans le débat sur les quotas de départ olympiques. «Alors que la Suisse dispose d’un nombre impressionnant d’athlètes de classe mondiale, Tom Stauffer ne peut en sélectionner que onze. C’est inadmissible. Cette réglementation doit impérativement être revue», martèle le patron de l’équipe autrichienne.
Malgré ce soutien venu de l’étranger, il est clair que Swiss-Ski n’obtiendra pas de places supplémentaires avant les Jeux olympiques de 2030 au plus tôt. Pour Bormio, Tom Stauffer est effectivement limité à onze athlètes. Le responsable du secteur alpin, Hans Flatscher, doit transmettre les noms définitifs d’ici lundi prochain.
Conséquence directe: les épreuves de Coupe du monde de Schladming (géant et slalom) et de Crans-Montana (descente) ne seront plus prises en compte pour la sélection olympique. Les descentes, super-G et slaloms de Kitzbühel feront donc office de courses de la dernière chance pour les skieurs suisses.
La situation en super-G
En slalom géant, la situation est pratiquement réglée. Le champion olympique Marco Odermatt (trois victoires), Loïc Meillard (vainqueur à Val-d’Isère), Luca Aerni (deuxième à Val-d’Isère) et Thomas Tumler (un top 10 et trois top 15) ont rempli les critères de sélection.
En super-G, Marco Odermatt (victoire à Copper Mountain), Alexis Monney (2e à Livigno) et Franjo von Allmen (3e à Livigno) sont solidement installés. Avec cinq courses terminées dans le top 8, Stefan Rogentin possède pour l’instant les meilleures cartes pour décrocher la quatrième place suisse. Le champion olympique de descente Beat Feuz estime que « la place de Rogentin ne serait menacée que si un Suisse de la deuxième ligne montait sur le podium à Kitzbühel ».
Il pense notamment à Loïc Meillard (7e à Livigno), Marco Kohler (11e à Livigno) ou Justin Murisier (16e à Beaver Creek). Les deux derniers cités ont toutefois été récemment affaiblis par des refroidissements.
Haute tension dans la discipline reine
La descente promet une décision particulièrement serrée. Marco Odermatt (vainqueur à Beaver Creek et sur le Lauberhorn) ainsi que Franjo von Allmen, vainqueur à Gröden, sont assurés d’être de la partie. Alexis Monney, médaillé de bronze aux Mondiaux, dispose également d’excellentes chances grâce à trois top 9.
La lutte pour la quatrième place est en revanche totalement ouverte : le jeune espoir zurichois Alessio Miggiano (5e à Val Gardena), Niels Hintermann (7e à Val Gardena), Stefan Rogentin (8e à Beaver Creek, 14e à Wengen) et Marco Kohler (11e sur la Saslong raccourcie, 13e à Wengen) se tiennent dans un mouchoir de poche.
Daniel Yule et Ramon Zenhäusern tributaires de la vitesse
En slalom, Loïc Meillard est intouchable avec une 2e, une 3e et une 4e place. Tanguy Nef a également validé son ticket avec quatre top 10. Matthias Iten peut lui aussi compter sur une sélection après sa 6e place à Wengen et sa 10e à Val-d’Isère. Daniel Yule (11e à Gurgl) et Ramon Zenhäusern (15e à Adelboden) n’ont pour l’instant rempli qu’une partie des critères avant le slalom du Ganslern à Kitzbühel.
La présence de quatre Suisses au départ du slalom olympique dépendra en grande partie des choix de Tom Stauffer dans les disciplines de vitesse. Si Odermatt, von Allmen, Monney et Rogentin sont alignés à la fois en descente et en super-G, deux places supplémentaires resteraient disponibles dans la sélection, en plus de Meillard, Aerni, Tumler, Nef et Iten. Mais Tom Stauffer pourrait aussi privilégier davantage de spécialistes de la vitesse.
L’introduction du combiné par équipes au programme olympique plaide toutefois en faveur de la sélection de quatre slalomeurs. La Suisse pourrait ainsi engager quatre duos, chacun composé d’un spécialiste de la vitesse et d’un slalomeur. Une chose est sûre : le week-end de Kitzbühel s’annonce explosif.