Sur les milliers de journées que compte la vie d’un skieur, seules quelques-unes restent gravées à jamais. Malgré toute la beauté de ce sport, il n’y a que de rares instants qui marquent réellement une carrière. Pour un champion olympique ou du monde, ce sont évidemment les grandes victoires. Mais il y a aussi ces journées particulières où l’on skie jusqu’à la dernière minute, à 16h15, quand les remontées s’arrêtent et que plus aucun virage ne doit rester inutilisé.
Chaque mètre carré de poudreuse est exploité, chaque bosse – même la plus insignifiante – devient un tremplin. Ce sont ces journées-là qui rappellent à chaque enfant sur des skis pourquoi il est tombé amoureux de ce sport.
La préparation pas comme les autres de Franjo Von Allmen
Franjo von Allmen fait partie de ceux qui savent encore célébrer ces moments avec une joie presque enfantine. À l’approche des épreuves de vitesse de Wengen, le Bernois de 24 ans a surpris tout le monde sur Instagram: On l’y voit construire un tremplin avec de la neige fraîche et enchaîner des sauts périlleux arrière au-dessus.
De retour dans le cadre très sérieux de la Coupe du monde, le charpentier de Boltigen (BE) explique cette folie avec simplicité: «C’est exactement pour ce genre de moments qu’on se levait chaque jour pour chausser les skis quand on était plus jeunes. Aujourd’hui, cela a malheureusement moins de place, mais je trouve essentiel de ne pas oublier pourquoi on a aimé skier dès le départ.»
Et von Allmen de conclure, comme un skieur qui parle à tous les autres: «Ça m’a permis de recharger les batteries, physiquement et mentalement. Je me sens prêt pour les deux mois à venir.»
Le calme avant l'enchaînement
Désormais, le programme ne laisse plus de place à l’improvisation. Et c’est sans doute mieux ainsi. Après les mythiques courses du Lauberhorn, le cirque blanc enchaînera avec Kitzbühel, puis la descente de Crans-Montana, avant le point culminant de la saison: les épreuves olympiques de ski alpin à Bormio.
La Suisse du ski peut espérer que l’énergie emmagasinée par Franjo von Allmen tiendra jusqu’au 7 février, date de la descente la plus importante de l’hiver. Une chose est déjà certaine: si ses batteries tiennent le coup, le Bernois abordera les Jeux olympiques avec la même impatience qu’un enfant rêvant d’une journée parfaite sur les pistes — et avec la même faim de victoire qu’à Wengen.